ECONOMIE - RUNNING

Running: un marché saturé?

Running: un marché saturé?

Une nouvelle enseigne running débarque en Wallonie. Y a-t-il de la place? Archives ÉdA – Jacques Duchateau

Une nouvelle enseigne française va ouvrir un magasin de running en région liégeoise. Le marché n’est-il pas saturé?

Y a-t-il encore suffisamment de place sur le marché de la course à pied pour accueillir une nouvelle enseigne?

Si on demande à Rrun, une société basée en France et qui compte une quinzaine de magasins, la réponse sera affirmative. En septembre, par le biais d’un magasin franchisé, Rrun ouvrira son premier magasin en Belgique; à Tilff en région liégeoise. «Le marché est en plein essor en France, souligne Laurent Galinier, ancien athlète professionnel et à la tête de Rrun. L’année dernière, pour certains magasins, on a eu une croissance à deux chiffres, jusqu’à 20 à 30%».

Selon lui, la force du futur magasin repose sur un groupe. «Quand on est tout seul, c’est compliqué d’être présent pour les animations, la gestion, la vente. La difficulté dans le secteur, c’est un problème de marge. Il faut trouver des solutions pour améliorer les conditions de vie et de la rentabilité aux gérants. Il y a 15 ans, c’était encore possible d’être rentable quand on était tout seul. Maintenant… »

Récupérer «des gens déçus»

À Rochefort, Sébastien Tasiaux est à la tête du magasin Sportex, son seul et unique magasin où le running occupe la majorité de son espace de vente. Évident ou pas d’être seul? «Quand je vois le nombre de personnes qui viennent de loin, je pense qu’il y a encore de la place». Il estime même récupérer des clients venus d’enseignes plus importantes: «des gens qui sont déçus par des magasins trop vendeurs et qui ont une puissance de marketing».

Signe que la vague running ne s’essouffle pas, il a bien démarré son année. «Là, j’ai un mois d’avance par rapport à l’année dernière». Selon le patron de Sportex, les grandes enseignes n’ont pas forcément des prix plus attractifs lors de l’achat de leurs collections. «Quand tu achètes 50 ou 200 paires, c’est différent. Mais la différence n’est pas forcément énorme: 2 à 5%»

Un nouveau magasin dans le paysage wallon, il ne semble pas s’en inquiéter davantage. «J’ai Decathlon qui a ouvert à Marche (NDLR: à 5 minutes de son magasin) et j’ai augmenté mon chiffre d’affaires». Le combat se fait sur le terrain du prix mais aussi du conseil au coureur.

Avec quatre magasins sous l’enseigne Trakks, Christophe Thomas fait partie des incontournables du marché. Mais, pour lui, «on approche de la saturation du marché, ou on en approche grandement…»

«Decathlon fait mal»

Pourtant, sa base de données de clients ne cesse de croître, «et on augmente de 20% les ventes de chaussures. Mais le chiffre d’affaires n’augmente pas de 20%. Sur le textile, Decathlon fait mal… »

Avec une structure reposant sur quatre magasins (un à Namur, deux à Bruxelles et un à Gand), Trakks se retrouve dans une situation où il est un des leaders du marché mais doit encore plus se développer pour assurer sa rentabilité. «On doit grandir car on est devenu trop grand et à la fois trop petit. On est à une taille critique où on ne gagne plus notre vie». Résultat, «on est en chasse d’investisseurs pour grandir ».