PATRIMOINE

VIDÉO | Gembloux: découverte exceptionnelle d’un atelier de fondeurs de cloches au beffroi

Les fouilles effectuées au sein du beffroi ont mis au jour un atelier de fondeurs de cloches. Une découverte exceptionnelle.

«Dans ma carrière, je classe ces fouilles dans mon top trois.» Michel Siebrand est archéologue à l’AWAP. Avec sa petite équipe d’ouvriers, il sonde depuis décembre les entrailles du beffroi de Gembloux. Et il ne s’attendait visiblement pas à pareille découverte.

Au départ, il s’agissait avant tout de poursuivre des fouilles entamées à l’extérieur du beffroi et qui visaient avant tout à déterminer le périmètre de l’ancienne église Saint-Sauveur, dont le beffroi servait autrefois de clocher. Des carrelages datant du XVIIIe siècle se prolongeaient sous le beffroi, ce qui nécessitait que des sondages y soient effectués.

Ceux-ci ont donné lieu à des découvertes d’une tout autre ampleur. En creusant en février, l’ouvrier communal Stéphane Debaere est tombé sur ce qu’il pensait être une vasque ou un pot en terre cuite. Il s’agit en réalité du moule interne d’une cloche d’église, en parfait état de conservation. Le périmètre des fouilles a été élargi, dévoilant d’autres bases maçonnées en briques ayant servi à la fabrication de cloches. À ce stade, huit moules ont été repérés, mais tout n’a pas encore été fouillé. «Tomber sur un moule de cloche entier est exceptionnel, explique l’archéologue. Un spécialiste français, Nicolas Thomas est venu à deux reprises. Il n’a jamais vu un moule de cloche dans un atelier dans un tel état de conservation, y compris dans la littérature. L’atelier daterait de la fin du 17e ou du début du XVIIIe siècle. Il faut savoir que Gembloux a brûlé en 1678 et la tour de l’actuel beffroi est restée sans toit pendant de longues années.»

VIDÉO | Gembloux: découverte exceptionnelle d’un atelier de fondeurs de cloches au beffroi
Fouilles archéologiques dans le beffroi de Gembloux. Découverte d’un atelier de fonderie de cloches. ÉdA - Bruno Malter

Assurer leur pérennité

Les moules ne pourront être transférés. Après fouilles, ils seront recouverts pour en assurer la pérennité. «Mais nous avons numérisé le champ de fouilles, explique l’archéologue, ce qui pourrait nous permettre d’en réaliser des copies à l’identique, ou des représentations virtuelles en vue d’une éventuelle exploitation.»

L’échevin du patrimoine Emmanuel Delsaute, qui a repris dans ses attributions le chantier ébauché en son temps par Marc Bauvin, se réjouit d’une telle découverte, qui va donner un fameux coup de projecteur sur cet édifice emblématique de Gembloux. «Après les fouilles, nous voulons mettre en valeur le site du beffroi. En équipant la salle du rez-de-chaussée d’un équipement audiovisuel, avec écran et caméra branchée sur le carillon. À l’extérieur, nous voulons aussi aménager un espace de rencontre avec gradins pouvant servir à de petites manifestations culturelles. Sous réserve de l’octroi de subsides, bien sûr.» Une mise en lumière de cet édifice classé au patrimoine mondial de l’Unesco est prévue, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Notre reportage vidéo ci-dessus.

À lire dans L’Avenir Namur de ce samedi 6 avril 2019, sur tablette, smartphone ou PC

VIDÉO | Gembloux: découverte exceptionnelle d’un atelier de fondeurs de cloches au beffroi
Fouilles archéologiques par l’archéologue Michel Siebrand dans le beffroi de Gembloux. Découverte d’un atelier de fonderie de cloches. ÉdA – Bruno Malter

VIDÉO | Gembloux: découverte exceptionnelle d’un atelier de fondeurs de cloches au beffroi
Le beffroi de Gembloux. ÉdA - Bruno Malter