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Amnesty dénonce «des taux choquants de viols» dans les pays nordiques

Il est paradoxal que des pays nordiques qui affichent de solides bilans en matière d’égalité des genres affichent également «des taux choquants de viol», a déclaré Kumi Naidoo, secrétaire général d’Amnesty International.

Amnesty International a accusé ce mercredi quatre pays nordiques, reconnus comme étant des pionniers en matière d’égalité des sexes, d’avoir des taux de viols «élevés» et d’avoir manqué à leurs obligations envers les victimes.

Dans son rapport, Amnesty a notamment étudié les viols commis au Danemark, en Finlande, en Norvège et en Suède et a déclaré que les lacunes législatives, les idées reçues et les stéréotypes sexistes avaient entraîné une «impunité généralisée» pour les auteurs de ces actes.

«Il est paradoxal que des pays nordiques qui affichent de solides bilans en matière d’égalité des genres affichent également des taux choquants de viol», a réagi Kumi Naidoo, secrétaire général d’Amnesty International, dans un communiqué.

Citant des statistiques de l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes, le rapport indique qu’en moyenne 30% des femmes au Danemark, en Finlande et en Suède ont été victimes de violence ou d’abus de la part de partenaires sexuels, contre 22% en moyenne au sein de l’Union européenne.

«Préjugés profondément ancrés»

En Finlande, Amnesty a indiqué que certaines victimes ont fait état d’expériences jugées positives en matière d’application de la loi, mais que d’autres affaires ont mis en lumière à quel point les «préjugés profondément ancrés» sur le viol avaient directement entravé l’accès à la justice.

L’organisation a également accusé les autorités norvégiennes de ne pas prendre les mesures nécessaires pour prévenir le viol ou s’attaquer aux conséquences.

Au Danemark, les viols sont très peu signalés estime l’organisation, et les chances de poursuites ou de condamnation sont minces lors d’un signalement.

En Suède, Amnesty pointe du doigt la façon dont la police suédoise traite les affaires de viol, avec des techniques d’enquête incohérentes et des retards dans l’analyse médico-légale et l’interrogatoire des suspects.

Le rapport a toutefois félicité le royaume scandinave pour avoir adopté en 2018 une loi sur le consentement sexuel, qui considère comme viol tout acte sexuel sans accord explicite, même en l’absence de menace ou de violence.

Le ministre suédois de l’Intérieur, Mikael Damberg, a déclaré à l’AFP lors d’un entretien téléphonique que ce rapport était «important», mais note que le nombre élevé de viols enregistrés était également signe que les victimes étaient plus enclines à le signaler aux autorités.

Il a reconnu que le travail était encore loin d’être terminé. «Nous avons encore du boulot à faire afin de nous assurer que les enquêtes soient menées et qu’elles conduisent à des condamnations», a-t-il ajouté.