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Crise en Algérie: le président Abdelaziz Bouteflika a démissionné

Crise en Algérie: le président Abdelaziz Bouteflika a démissionné

Le président Abdelaziz Bouteflika (gauche) a démissionné quelques heures après la remise en cause par l’armée algérienne de l’autorité de la présidence. Le général Gaïd Salah, longtemps un fidèle du président Bouteflika n’a pas hésité à critiquer l’entourage proche du président. AFP/Éric FEFERBERG & Farouk Batiche

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a informé le Conseil constitutionnel de sa démission «à compter d’aujourd’hui» mardi, ont annoncé les médias officiels algériens.

M. Bouteflika «a avisé officiellement le Conseil constitutionnel de la fin de son mandat de président de la République» à partir «d’aujourd’hui», mardi, indique un bandeau déroulant à la télévision nationale, quelques heures après la remise en cause par l’armée algérienne de l’autorité de la présidence.

Le chef d’état-major de l’armée algérienne, le général Ahmed Gaïd Salah, demande mardi que soit «appliquée immédiatement» la procédure constitutionnelle permettant d’écarter le chef de l’État du pouvoir, selon un communiqué du ministère de la Défense reçu par l’AFP à l’issue d’une réunion de hauts gradés de l’armée.

Selon ce texte, l’armée algérienne considère non authentique le communiqué présidentiel annonçant le 1er avril la démission du président Abdelaziz Bouteflika avant la fin de son mandat, estimant qu’il n’émane pas du chef de l’État mais «d’entités non constitutionnelles et non habilitées». Le communiqué ne précise pas quelles sont ces «entités».

«Dans ce contexte particulier, nous confirmons que toute décision prise en dehors du cadre constitutionnel est considérée comme nulle et non avenue», poursuit le chef d’état-major, laissant entendre que l’armée pourrait ne plus se soumettre aux décisions venant de la présidence.

Le général Gaïd Salah, longtemps un fidèle du président Bouteflika, fustige ensuite «l’entêtement, la tergiversation et la sournoiserie de certains individus qui œuvrent à faire perdurer la crise et la rendre plus complexe». Ces individus ont pour «seul souci la préservation de leurs intérêts personnels étroits», ajoute-t-il, dans ce qui semble être une attaque contre l’entourage proche du président Bouteflika.

L’armée a pour «unique ambition» de «protéger le peuple d’une poignée de personnes qui s’est indûment accaparée des richesses du peuple algérien» et qui «à l’heure qu’il est […] s’affaire» à fomenter «des plans douteux, tendant à déstabiliser le pays».

Selon le communiqué, le général Gaïd Salah était entouré lors de cette réunion des plus hauts gradés de l’armée, notamment les commandants des forces terrestres, navales, aériennes et de défense aérienne du territoire, les commandants des régions militaires.

Etait également présent, selon le texte, le secrétaire général du ministère de la Défense, dont le général Gaïd Salah est le vice-ministre, le portefeuille de la Défense étant détenu par le président Bouteflika, également chef suprême des armées selon la Constitution.

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