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VIDEO | «Comme on parle din ch’Nord», un docu de Fr 3 avec eine masse de gins d’Hollain

Dans un documentaire de 56 m., Jean-François Delassus donne au picard la place qu’il mérite: celui d’une langue à part entière. Plusieurs Hollinois, notamment actifs au sein de l’Artifoire, ont pris part au tournage.

Didier Delrue, Roger Secret, Étienne Lejeune, Jean-Claude Procureur, Dany Vangenechten, Danielle Froment, Caroline Lemaire et sa sœur Christelle, autant de figures bien connues à Hollain pour prendre notamment part à l’organisation de l’Artifoire, que l’on aperçoit régulièrement dans le documentaire de Fr3. De même que le bourgmestre de Brunehaut et l’échevin Benjamin Robette avec lesquels les premiers trinquent sous l’œil des caméras autour d’une table du café hollinois «Au bon accueil», qui porte bien son nom. Chacun y va de ses considérations sur «leur» patois qu’ils entendent défendre avec ferveur.

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Plusieurs figures connues à Hollain, pour prendre notamment une part active à l’Artifoire, apparaissent dans le documentaire. Com.

Dans une autre séquence, on voit également les sœurs Lemaire s’atteler à la rédaction et à l’illustration d’un livre en picard destiné aux enfants. Et quelques images plus loin, l’une des deux - Christelle - donnant des cours en picard aux enfants de Mme Armelle de Guignies. Adressant notamment à une fillette ce savoureux conseil entendu dans le film de Dany Boon: «Serre t’bouke t’nez va caire d’dins!»

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Christelle Lemaire apprend des expressions en patois aux enfants de l’école de Guignies. Com.

Question de montrer que le patois, à Hollain en tout cas et à Brunehaut en général, n’est certainement pas une langue morte. Loin s’en faut...

Une langue qui aurait dû s’imposer...

«Le formidable succès du film «Bienvenue chez les ch’tis» (un record dans l’histoire du cinéma français) et la déclinaison de ce succès ont suscité un basculement: beaucoup de «ch’tis» - mais pas tous - sont aujourd’hui fiers de leur accent.

Ce phénomène a relancé l’activisme des «picardisants»: simples mordus et militants d’associations, intellectuels et enseignants activement mobilisés pour le sauvetage du parler picard. Les professionnels du spectacle ont sauté sur le filon, et ce d’autant plus facilement que, dans les petites villes et les campagnes, ils plantent leurs tréteaux dans un désert culturel. Ils y sont applaudis par ceux qui, pour se distinguer des autres, n’ont plus que ça: leur parler», explique notamment le réalisateur Jean-François Delassus qui signe avec «Comme on parle din ch’Nord», un documentaire particulièrement fouillé sur l’origine et l’évolution de la langue picarde de part et d’autre de la frontière.

Un film à la fois drôle et émouvant qui rend un vibrant hommage à cette langue qui aurait dû s’imposer en lieu et place du français si une certaine bourgeoisie n’avait tenté de l’éradiquer à la naissance de l’ère industrielle.

Le réalisateur a baladé son micro et sa caméra aux quatre coins de Picardie, d’Amiens à Tournai, en faisant la part belge au patois de chez nous, et tout particulièrement à celui que l’on pratique à Hollain où plusieurs membres de l’Artifoire, mais aussi le bourgmestre de Brunehaut, Pierre Wacquier, ont pris une part active au tournage.

Entretenir la mémoire

«La disparition progressive de ce parler résulte de l’extinction de deux mondes: celui des paysans et celui des ouvriers, explique encore le réalisateur français.

Sans eux, les lieux où on se parlait en patois ont fermé: les bistrots, les petits commerces, les bureaux de poste, les églises. Le picard avait été autrefois chassé des villes et il s’était accroché aux banlieues ouvrières, aux corons des mines, aux villages. Mais voilà qu’ils se dépeuplent.»

Jean-François Delassus a toutefois pu rencontrer des familles où la mémoire de cette langue a été, fort heureusement et presque miraculeusement, préservée.

Comme dans notre région, à Hollain, au sein de la famille Lemaire, où l’aînée, Christelle, parlait déjà le picard avant même de faire ses premiers pas.

Nous l’avions d’ailleurs rencontrée dans le cadre de cette série consacrée aux langues régionales. Aujourd’hui, comme on le voit dans le documentaire, c’est elle qui distille son précieux savoir auprès des enfants de l’école du village.

Le film a été coproduit par Real Productions, France TV, Weo TV et Pictanovo.

 

À voir, lundi 15 avril après SOIR 3 et le vendredi 19, à 8 h 50, sur Fr 3 Hauts-de-France.