BELGIQUE

La FGTB rejette le projet d’accord interprofessionnel

La FGTB rejette le projet d’accord interprofessionnel

BELGA

Le comité fédéral de la FGTB a rejeté mardi, à 56% des voix, le projet d’accord interprofessionnel (AIP) 2019-2020, a appris l’agence Belga.

Auparavant, les deux autres syndicats, à savoir la CSC et la CGSLB, avaient donné leur feu vert.

Le comité fédéral de la FGTB s’est prononcé à 56% des voix contre, 34% en faveur et 10% d’abstention. «Il n’y a pas eu de clivage communautaire ou entre centrales», a indiqué le président Robert Vertenueil, parlant de discussions très nuancées.

«Ce qui a posé problème, c’est ce qu’il n’y a pas dans l’accord», a-t-il commenté, estimant que les réponses en terme de pouvoir d’achat étaient «une gifle donnée aux travailleurs». En ligne de mire: la marge salariale de 1,1% «insuffisante» et la même hausse du salaire minimum qualifiée «d’aumône» par le syndicat socialiste.

Ce refus de la FGTB semble enterrer l’AIP 2019-2020 et apporte avec lui son lot d’incertitudes quant à la suite des évènements. «Il ne devrait vraisemblablement pas y avoir d’AIP, mais s’il y a une volonté de se remettre autour de la table pour améliorer le projet nous sommes ouverts», a encore ajouté M. Vertenueil.

Tout n’était pas considéré comme à jeter par le syndicat, qui a désormais deux exigences. «Premièrement, que l’affectation de l’enveloppe bien-être négociée soit mise en œuvre: cela n’a rien à voir avec l’accord interprofessionnel donc elle doit être appliquée», estime le président de la FGTB. Et en deuxième lieu que «le gouvernement et le parlement mettent en œuvre les améliorations en termes de fins de carrière».

Sans qu’elles soient déjà programmées, la FGTB n’entend pas arrêter «le combat» et de nouvelles actions devraient être organisées d’ici les élections.

La FEB demande au gouvernement de mettre en œuvre «intégralement» l’AIP

La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) a appelé le gouvernement à mettre en œuvre intégralement le projet d’accord interprofessionnel (AIP) 2019-2020, après le rejet de la FGTB. Le syndicat socialiste est la seule composante du Groupe des 10 a avoir voté contre le texte.

«Une large majorité des syndicats et l’ensemble de la délégation patronale ont approuvé l’AIP. Cette majorité doit être respectée. À cet effet, une concertation urgente avec le gouvernement est nécessaire pour examiner la manière de transposer rapidement et efficacement l’AIP dans la pratique», réagit Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB, cité dans un communiqué.

Le ministre fédéral de l’Emploi, Kris Peeters, a déjà annoncé qu’il allait organiser un entretien avec le Groupe des 10.

La FEB est d’avis que le projet d’AIP contenait « un juste équilibre entre les dimensions sociale, économique et environnementale.» «De plus, dans le difficile contexte économique et géopolitique actuel (gilets jaunes, recul de la croissance économique, actions pour le climat, Brexit dur, gouvernement minoritaire, élections à venir...), renforcé par la montée de la fièvre électorale, il permettait de contribuer à la sérénité et à la paix sociale. Le rejet par un syndicat est clairement une occasion manquée pour les partenaires sociaux de prendre leurs responsabilités dans des circonstances difficiles», déplore encore la fédération patronale.

Unizo, l’union flamande des indépendants, tient le même discours et demande au gouvernement d’appliquer l’AIP. «Nous avions espoir que la raison et le pragmatisme l’emporteraient», a déclaré Danny Van Assche, administrateur délégué d’Unizo, après le rejet de la FGTB. «Néanmoins, nous disposons de larges soutiens pour mettre en oeuvre les accords conclus. Et il important que nous agissions pour les employés et employeurs de ce pays», a-t-il complété.

Si la norme salariale convenue ne peut pas être validée, des négociations salariales vont s’en suivre au sein des différents secteurs, avec les risques de «déraillements et de perte de compétitivité» que cela implique, craint Unizo.