BREXIT

Brexit: Charles Michel exaspéré par les tergiversations britanniques

Brexit: Charles Michel exaspéré par les tergiversations britanniques

BELGA

Le Premier ministre belge Charles Michel n’a pas caché son exaspération, jeudi à son arrivée au sommet européen de printemps à Bruxelles, sur l’incapacité du Parlement britannique à adopter une position claire sur le Brexit, à huit jours de son échéance théorique.

«Depuis des mois, à chaque Conseil européen, c’est un peu la même rengaine: nous venons ici pour constater qu’une fois encore les Britanniques nous disent ce qu’ils ne veulent pas, mais bon sang, qu’ils disent enfin ce qu’ils veulent!», a exhorté M. Michel.

La Première ministre britannique Theresa May a demandé aux 27 un report du Brexit au 30 juin, mais les Européens craignent qu’un tel report sape la légitimité du Parlement européen qui sortira des urnes du scrutin organisé du 23 au 26 mai.

Un délai supplémentaire est possible aux yeux de Charles Michel, du moins s’il est «très limité dans le temps» et à condition que les élus de la Chambre des Communes aient soutenu au préalable l’accord de retrait complété par les déclarations interprétatives convenues. M. Michel confirme ainsi le refus des 27 d’une prolongation au-delà du 22 mai.

«Ça suffit cet imbroglio, il y a des limites! Il est temps que le parlement britannique fasse la clarté», a enchaîné M. Michel.

À ses yeux, il est encore possible d’éviter un Brexit dur et ses effets néfastes tant pour les Britanniques que pour le reste de l’UE. «Il appartient aux Britanniques de dire comment ils voient l’avenir».

Vers un no-deal?

Un troisième rejet par les députés britanniques de l’accord de retrait du Royaume-Uni de l’UE signifierait probablement un no-deal, ont estimé jeudi le président français, Emmanuel Macron, et le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel.

«En cas de vote négatif britannique, nous irions vers un no-deal», a commenté le locataire de l’Élysée à son arrivée au sommet européen à Bruxelles.

Auparavant, il avait répété que les Européens n’accepteraient un court report, «purement technique», de la date du Brexit qu’à condition que la Chambre des Communes valide la semaine prochaine l’accord de retrait, négocié pendant près d’un an et demi par Londres et les 27.

La perspective d’un no-deal en cas de rejet de l’accord semble également très probable aux yeux de Xavier Bettel. «La porte normale pour sortir de cette situation a véritablement disparu. Nous sommes désormais à la recherche d’une issue de secours», a-t-il lancé.

De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel s’est montrée moins tranchante, se déclarant prête à travailler jusqu’au tout dernier moment pour éviter une sortie du Royaume-Uni sans accord.

Après deux rejets, la Première ministre britannique Theresa May a affirmé souhaiter soumettre «aussi vite que possible» le traité de retrait à la Chambre des Communes pour une troisième tentative.

Si ce vote est une nouvelle fois négatif, un sommet européen extraordinaire pourrait se tenir dès la semaine prochaine, a précisé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Auprès des Européens, Mme May plaidera en tout cas ce jeudi pour un report du Brexit jusqu’au 30 juin. Ce délai devrait lui donner du temps afin de convaincre les parlementaires d’accepter puis de ratifier le traité de divorce.

Les 27 n’ont toutefois pas l’intention d’accorder un tel report à Mme May. Une prolongation plus courte, jusqu’au 22 mai, soit à la veille des prochaines élections européennes, semble être l’option privilégiée pour des raisons de sécurité juridique.

«Il faudrait un changement politique profond» au Royaume-Uni pour qu’autre chose qu’un report court de la date du Brexit puisse être envisagé, a conclu le président Macron.