SOCIÉTÉ

Augmentation de 55% des dossiers pour racisme chez Unia en cinq ans

Augmentation de 55% des dossiers pour racisme chez Unia en cinq ans

«Le racisme existe et ne doit pas être tabou dans les campagnes électorales», a précisé Patrick Charlier, codirecteur d’Unia. BELGA

Le nombre de dossiers liés au racisme ouverts par Unia (centre interfédéral pour l’égalité des chances) a augmenté de 11% l’an dernier par rapport à 2017, pour atteindre 866.

En cinq ans, le nombre d’incidents racistes recensés a augmenté de 55%, rapporte ce jeudi le centre interfédéral pour l’égalité des chances, à l’occasion de la journée internationale contre le racisme et la discrimination. Kris Peeters, le ministre de l’Égalité des chances (CD&V), a lancé une nouvelle campagne «stop au racisme».

Cette campagne sera diffusée le mois prochain via les réseaux sociaux et sur les écrans de la SNCB. Réalisée en collaboration avec Unia, la Cellule Égalité des chances et la chancellerie, elle vise à montrer au travers de vidéos que «le racisme n’apporte rien».

Un site internet a également été créé pour sensibiliser aux discriminations et rappeler le cadre légal: www.stopracisme.be.

L’an dernier, un tiers des incidents signalés à Unia avaient trait au racisme. Près d’un quart ont eu lieu dans les médias et sur internet, dont 40% sur Facebook. Un autre quart se sont produits lors de l’achat de biens et services, par exemple la location d’un logement, et 19% dans le cadre professionnel.

«Le nombre croissant de signalements ne signifie pas nécessairement que le racisme est en hausse, mais bien que de plus en plus de personnes ont pris leur courage à deux mains pour saisir Unia», a souligné la codirectrice de l’institution, Els Keytsmans.

En 2018, 16 dossiers ont été portés par Unia devant les tribunaux. «Des cas trop graves pour se contenter d’une négociation, comme des agressions racistes, ou des situations discriminatoires qui n’ont pas pu se résoudre par la négociation», a précisé Patrick Charlier, également codirecteur.

«Le racisme existe et ne doit pas être tabou dans les campagnes électorales. C’est le moment de rappeler que la Belgique n’a toujours pas de plan d’action pour lutter contre le racisme. Or les victimes l’attendent depuis 2001 et veulent le trouver enfin dans les accords de coalition qui suivront les élections», a conclu M. Charlier.