NAMUR

PHOTOS | Environ 400 manifestants ont réclamé plus de moyens pour la justice à Namur

Environ 400 manifestants, selon la police, ont réclamé plus de moyens pour la justice mercredi à Namur.

L’action s’inscrivait dans le cadre de l’opération «66 jours pour sauver la justice», mise sur pied par différentes organisations de magistrats, d’avocats et de justiciables, à l’approche des élections. Une conférence a également été organisée dans la faculté de droit pour sensibiliser la future génération.

Les quelque 400 personnes se sont réunies dans la cour du palais de justice de Namur sur le coup de 11 h 30, armées de panneaux «L’État de droit, j’y crois! «. Mené par le procureur du Roi Vincent Macq et le président du tribunal de première instance Dominique Gérard, le cortège a fait le tour de la place du Palais de Justice en guise d’appel au gouvernement.

L’assemblée s’est ensuite dirigée vers un auditoire de la faculté de droit, où une dizaine de personnes ont pris la parole. Avocats, juges, président, procureur… tous ont exprimé leur mécontentement au travers de discours adressés à la nouvelle génération.

«Il manque aujourd’hui 20% de personnel au tribunal de Namur», a rappelé M. Gérard. «Cela implique donc des annulations d’audiences, au détriment des justiciables.»

«Notre réseau informatique était de l’âge de pierre, il est aujourd’hui de l’âge de bronze, avec tout ce que cela implique», a ajouté M. Macq. «Mais on va se battre ensemble pour vivre dans une vraie démocratie». «Mesdames et Messieurs les politiques, réveillez-vous», a-t-il lancé.

Dans la foule et au perchoir, on trouvait aussi de nombreux justiciables et citoyens ralliés à la cause du monde judiciaire. Parmi eux, une médecin généraliste, qui voit dans le secteur de la Justice une ressemblance avec celui de la santé, «lui aussi cruellement en manque de moyens».

«Le triste épisode de la fermeture du palais de justice de Namur en raison de son délabrement n’est qu’un symbole», a encore déclaré le procureur du Roi de Namur. «De nombreux autres bâtiments judiciaires sont concernés et les difficultés que nous rencontrons sont bien trop nombreuses pour travailler sereinement».

«Il était aussi important que les étudiants en droit comprennent bien ce qui se passe, qu’ils puissent se joindre à notre lutte», a-t-il ajouté.

«Je me réjouis que la justice soit enfin au menu électoral depuis plusieurs jours, que le ministre Koen Geens lui-même reconnaisse qu’il faut plus de 700 millions pour la refinancer. Maintenant, il faut des actes», a conclu Vincent Macq.