PAYS-BAS

PHOTOS & VIDEO | Trois morts dans un «acte potentiellement» terroriste à Utrecht

Une fusillade dans un tramway d’Utrecht a fait au moins un mort et plusieurs blessés.AFP

Tanis, l’homme de 37 ans né en Turquie que la police néerlandaise recherchait après une fusillade dans un tramway et en «plusieurs endroits» à Utrecht a été arrêté.

Un homme armé a ouvert le feu ce lundi dans un tramway et «à plusieurs endroits» à Utrecht, aux Pays-Bas, tuant trois personnes et blessant 9 autres avant de prendre la fuite, un acte «potentiellement terroriste», selon la police.

Les autorités ont immédiatement annoncé un renforcement de la sécurité dans les aéroports et les bâtiments clés du pays et conseillé aux écoles de la ville de fermer leurs portes.

Elles n’ont évoqué à ce stade qu’un seul tireur mais indiqué ne pas exclure la possibilité qu’il y en ait plusieurs.

«Il s’agit d’une fusillade dans un tramway. Plusieurs hélicoptères de traumatologie ont été déployés pour apporter de l’aide», a indiqué la police.

Selon le directeur de l’agence nationale pour la sécurité et le contre-terrorisme (NCTV), Pieter-Jaap Aalbersberg, l’attaque s’est déroulée «à plusieurs endroits». Il n’a pas donné plus de détails.

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«Nous ne pouvons pas exclure un motif terroriste. Une équipe de crise est activée», a-t-il déclaré sur Twitter. Le niveau de menace terroriste a été porté à cinq, son plus haut niveau, à Utrecht.

La police recherchait un suspect originaire de Turquie

La police néerlandaise a rendu publique lundi la photo d’un homme originaire de Turquie qu’elle recherchait dans le cadre de l’enquête sur la fusillade dans un tramway à Utrecht, au cours de laquelle trois personnes ont été tuées et 9 blessés dont 3 grièvement.

«La police recherche Gokman Tanis, 37 ans (né en Turquie) en lien avec l’incident de ce matin», affirme la police d’Utrecht sur Twitter, enjoignant au public de «ne pas l’approcher». Une image d’une caméra de vidéosurveillance montrant un homme vêtu d’un blouson bleu dans le tramway accompagnait le tweet.

« Je l’ai amenée à ma voiture et l’ai aidée»

Sur les lieux de l’attaque, place du 24-Octobre, bouclés par les forces de l’ordre, les services de secours et policiers en armes s’activaient. Une victime était recouverte d’un drap et gisait sur la voie entre deux wagons, a rapporté un journaliste de l’agence de presse néerlandaise ANP.

Un témoin a raconté à NOS News avoir vu une femme sortir du tramway en courant, du sang sur ses mains et ses vêtements avant de s’effondrer.

«Je l’ai amenée à ma voiture et l’ai aidée. Quand la police est arrivée, elle était inconsciente», a-t-elle relaté.

«Nous ne cèderons pas face à l’intolérance»

«Nous ne cèderons pas face à l’intolérance», a déclaré le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, qui n’a «pas exclu» une piste terroriste, lors d’une conférence de presse à La Haye.

«Un acte de terrorisme est une attaque contre notre civilisation, contre notre société tolérante et ouverte. (...) Il n’y a qu’une seule réponse, c’est que notre Etat de droit et notre démocratie soient plus forts que le fanatisme et la violence», a-t-il affirmé.

Tous les partis politiques ont suspendu leur campagne à deux jours d’élections locales qui détermineront la composition future du Sénat néerlandais.

Aucun lien établi pour le moment avec la Belgique

Il n’y a pour le moment aucun lien entre la fusillade qui s’est produite à Utrecht et la Belgique, a-t-on indiqué lundi au cabinet du Premier ministre, Charles Michel, à l’issue d’une réunion du Comité stratégique de coordination du renseignement et de la sécurité.

Le comité s’est réuni à la demande du Premier ministre. Cet organe rassemble les services de sécurité, l’OCAM, le centre de crise, les services de renseignement ainsi que les cabinets ministériels concernés.

Les Pays-Bas ont été relativement préservés de la vague d’attentats qui a touché ses voisins ces dernières années, malgré plusieurs menaces récentes.

Un Afghan de 19 ans résidant en Allemagne avait poignardé et blessé deux touristes américains en août dans la gare centrale d’Amsterdam, avant d’être blessé par balle de la police. En septembre, les autorités ont interpellé sept personnes à Arnhem et Weert et dit avoir déjoué un «attentat majeur» aux Pays-Bas. Elles ont découvert de grandes quantités de matériels entrant dans la composition d’explosifs, dont 100 kilos d’engrais.

En juin, deux suspects avaient été arrêtés peu de temps avant de perpétrer plusieurs attaques, visant notamment le célèbre pont de Rotterdam et un autre lieu non précisé en France, selon les procureurs néerlandais.