FRANCE

VIDÉOS | Pillages, incendies, jets de pavés: l’acte 18 des gilets jaunes marqué par des violences

Boutiques pillées sur les Champs-Élysées, jets de pavés sur les forces de l’ordre, immeuble incendié: pour son acte 18, la mobilisation des «gilets jaunes» a été marquée par un regain de violences à Paris, où plus de 100 personnes ont été interpellées.

Au total, quelque 32.300 personnes ont manifesté samedi dans toute la France dont 10.000 à Paris, à l’occasion de l’acte 18 des «gilets jaunes», selon des chiffres du ministère de l’Intérieur régulièrement contestés par les participants.

Le président français Emmanuel Macron a décidé de quitter la station de ski de La Mongie où il passait le week-end pour rentrer à Paris, après les violences de samedi.

En effet, autour de la place de l’Etoile, vers laquelle 10.000 manifestants avaient convergé, la tension est rapidement montée à partir 11H00.

Des manifestants, pour beaucoup vêtus de noir, capuche ou casque sur la tête, lançaient pavés et pierres sur les forces de l’ordre, qui répliquaient par des tirs de gaz lacrymogènes. Sur les Champs-Élysées, des casseurs ont détruit des vitrines, notamment celle de la brasserie huppée le Fouquet’s, et pillé des boutiques.

Des scènes d’émeutes urbaines que l’on n’avait plus vues depuis les mobilisations de début décembre, dont les images avaient fait le tour du monde.

«Des professionnels de la casse et du désordre équipés et masqués ont infiltré les cortèges», a dénoncé le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, qui a promis «la plus grande fermeté».

Le Premier ministre Édouard Philippe s’est rendu en milieu d’après-midi sur les Champs-Élysée pour remercier les forces de l’ordre. Quelque 109 personnes ont été interpellées, selon un bilan communiqué peu après 16H00 par la préfecture de police de Paris. Le parquet de Paris a fait état de 46 personnes en garde à vue à 14H30.

En début d’après-midi, un incendie s’est déclaré dans un immeuble près des Champs-Élysées, faisant onze blessés légers. Une femme et son bébé «coincés au deuxième étage», ont été sauvés de cet incendie, parti d’une banque au rez-de-chaussée, ont indiqué les pompiers à l’AFP.

Côté manifestants, un homme a été blessé vers midi sur les Champs-Élysées, a constaté une journaliste de l’AFP. selon les «street medics» sur place, il a été victime d’un tir de flashball dans l’oeil.

La maire PS de Paris Anne Hidalgo a condamné «avec la plus grande fermeté» ces «insupportables exactions», tandis que François-Xavier Bellamy, tête de liste des Républicains aux Européennes, appelait à «mettre fin à l’impuissance de l’État».

Parallèlement plusieurs dizaines de milliers de manifestants pour le climat défilaient dans le calme à travers la France à l’appel de la «Marche du siècle». À Paris le député insoumis de la Somme François Ruffin a plaidé pour une «jonction» entre «gilets jaunes» et défenseurs de l’environnement.

En régions, 2.000 «gilets jaunes» ont manifesté à Montpellier, 800 à Marseille, et ils restaient mobilisés à Bordeaux, l’un des bastions du mouvement, quoique moins nombreux que la semaine dernière.

Le cortège de la marche pour le climat défilait toujours en milieu d’après-midi dans le centre-ville de Bordeaux, ou six ou sept personnes ont été interpellées après que des des militants pour l’environnement eurent badigeonné de savon noir la façade d’un bâtiment de la Caisse des dépôts et consignations.

Des magasins pillés sur les Champs-Élysées à Paris

Des casseurs ont pillé samedi des boutiques sur l’avenue des Champs-Élysées, au cœur de Paris, en marge de la 18e journée de mobilisation des Gilets jaunes, marquée par un regain de violence, a constaté un journaliste de l’AFP.

VIDÉOS | Pillages, incendies, jets de pavés: l’acte 18 des gilets jaunes marqué par des violences
AFP
Non loin des vitrines en miettes, des manifestants, pour beaucoup vêtus de noir, capuche ou casque sur la tête, lançaient des pavés sur les forces de l’ordre qui répliquaient par des tirs de gaz lacrymogènes. «Des professionnels de la casse et du désordre équipés et masqués ont infiltré les cortèges», a dénoncé le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner. «Ma consigne au @prefpolice: répondre avec la plus grande fermeté à ces attaques inadmissibles», a-t-il encore tweeté.

Selon les images diffusées par les médias, des manifestants ont tenté d’attaquer un camion de gendarmerie tandis que d’autres érigeaient des barricades sur l’avenue, où des milliers de Gilets jaunes ont commencé à se rassembler en début de matinée.