BRUXELLES

«Administrativement, la situation des victimes du terrorisme reste très compliquée»

«Administrativement, la situation des victimes du terrorisme reste très compliquée»

Philippe Vansteenkiste, de l’association pour les victimes de terrorisme directeur (à gauche), rappelle qu’ «administrativement, la situation est très difficile pour les victimes de terrorisme». BELGA

Les victimes des attentats du 22 mars 2016 et celles des tueurs du Brabant manifesteront ensemble à Bruxelles le lundi 11 mars, journée européenne pour les victimes du terrorisme, a annoncé l’association V-Europe. Elles réclament une meilleure organisation de l’aide aux victimes.

Les victimes étendront une longue couverture, symbole de protection et de réconfort, au parc du Cinquantenaire dès 16h00. De Merode, elles marcheront ensuite vers Schuman pour rejoindre le mémorial aux victimes d’actes terroristes en Belgique et à l’étranger. Le dépôt d’une gerbe de fleurs sera suivi de plusieurs discours, prononcés notamment par Philippe Vansteenkiste, de l’association pour les victimes de terrorisme V-Europe, et David Van de Steen, l’une des victimes des tueurs du Brabant. Ces dernières ne sont pas reconnues comme victimes d’un acte terroriste.

«Politiquement des choses sont mises en place, mais la responsabilité est tellement dispersée qu’on avance trop lentement, malgré les bonnes volontés», pointe Philippe Vansteenkiste.

«Administrativement, la situation reste très difficile» pour les victimes, explique Vansteenkiste. «Les assurances restent trop impliquées» dans le processus d’indemnisation, alors qu’elles établissent «l’expertise médicale sur une base économique», dénonce-t-il.

Un guichet

L’association rappelle donc ses revendications, parmi lesquelles la création d’un guichet unique, d’un fonds de garantie, d’un système harmonisé dans tous les domaines (droits de succession, suivi psychologique, etc.) ou encore un soutien pour les associations de victimes.

Actuellement, V-Europe dirige les personnes qu’elle soutient vers la France ou les États-Unis, où des projets de suivi clinique existent, au contraire de la Belgique. Elle alloue un budget sur fonds propres de 1.000 euros par victime pour un suivi psycho-social en France.

«Soutenir les victimes du terrorisme, c’est combattre le terrorisme en évitant qu’elles se sentent abandonnées par l’État pour qui elles sont tombées», conclut Vansteenkiste.