Restructuration à L'Avenir : pas de journal ce mardi et ce mercredi, le site web à l'arrêt

Restructuration à L'Avenir : pas de journal ce mardi et ce mercredi, le site web à l'arrêt

EdA

Le personnel de L’Avenir a voté la non parution du journal ce mardi et ce mercredi. Le site internet ne sera pas alimenté. Cet arrêt de travail fait suite à l’annonce de plusieurs licenciements secs que le personnel estime « ciblés ».

Réunis en assemblée ce lundi après-midi, les membres du personnel de L’Avenir ont voté en faveur de la grève. En conséquence, il n’y aura pas de journal ce mardi, ni ce mercredi. Le site internet du journal sera également à l’arrêt durant cette période.

Ce mouvement fait suite à l’annonce par la direction de licencier, avec effet immédiat, trois personnes de la rédaction, dont le chef de service des pages de l’info nationale, «dans lesquelles tout ce qui a déplu à Nethys est paru», écrit la Société des Rédacteurs (SDR) dans un communiqué.

L’annonce de ces trois licenciements s’inscrit dans un plan global de restructuration au sein de L’Avenir. Le choix des personnes ciblées par ces licenciements laisse à penser qu’il existait bel et bien une liste noire, estime la rédaction, malgré les messages de la direction affirmant le contraire.

«La violence avec laquelle la direction a agi a été particulièrement stigmatisée. (...) Les représentants du personnel avaient proposé la prise en compte de volontaires supplémentaires au départ pour éviter qu'on en arrive à de telles issues et favoriser ainsi le retour à une paix sociale. Cette proposition a été refusée par la direction, ce qui confirme son intention de procéder à des licenciements ciblés et crédite l'existence d'une liste noire», écrit encore la SDR.

À l'issue des débats, les participants ont voté, par 71 oui, 9 non et 17 abstentions, un arrêt de travail, prenant cours immédiatement.

Fin octobre 2018, la direction des Éditions de l’Avenir avait annoncé son intention de supprimer 60 équivalents temps plein sur un total de 280 travailleurs. En décembre, le personnel et la direction s’étaient accordés sur le départ de 45 équivalents temps plein, dont 31,74 au sein de la rédaction du média. La tension était toutefois remontée d’un cran ces dernières semaines sur la question d’éventuels licenciements secs, le nombre de RCC et de départs volontaires étant insuffisant.

Un accord tombé mi-février devait limiter à 4 le nombre de licenciements secs. Durant les négociations, la direction avait confirmé que les seuls critères qu’elle utilisera pour licencier seront des critères «organisationnels et/ou de compétences en lien avec le plan de redéploiement». Le personnel avait fait part de ses craintes quant à la possible existence d’une «liste noire». Une crainte que la rédaction estime vérifiée aujourd’hui à la suite du dévoilement des noms des personnes ciblées.

La direction de son côté dit tenir compte de ses critères de base et a confirmé que 42 collaborateurs se sont manifestés pour partir sur base volontaire ou en RCC, d’où sa décision de compléter la liste avec trois noms pour arriver aux 45 départs inscrit dans l'accord.

« Lors de nos discussions avec les représentants de l’AJP, nous avions convenu de ne pas dépasser un maximum de 4 ETP en licenciements secs dans le cadre du respect de la paix sociale : avec ces trois départs, nous respectons notre engagement vis-à-vis de l’AJP puisqu’il s’agira de 2,8 ETP », écrit Yves Berlize, Managing Director, dans un email envoyé à tout le personnel.

À la suite de l'assemblée, le personnel exige la réintégration des personnes licenciées et constate « l'impossibilité de travailler dans le futur» avec le directeur des rédactions Philippe Lawson.

Une nouvelle assemblée générale du personnel se tiendra mercredi matin.

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