Tournai

PHOTOS | Les plinthes du Courrier de l'Escaut et de l'Avenir ... du Tournaisis

En travaillant sur un chantier à Tournai, un menuisier de Gaurain, Jérôme Bedart, a retrouvé d'anciens exemplaires du Courrier de l'Escaut et de L'Avenir du Tournaisis datant de 1949. Lesquels contiennent quelques surprises. Dont l'annonce de l'inauguration du pont Devallée remis à neuf...

Menuisier à Gaurain-Ramecroix, Jérôme Bedart a, en démontant de vieilles plinthes sur un chantier à Tournai, découvert, derrière celles-ci, des exemplaires - (du moins des parties d'exemplaires) - du Courrier de l’Escaut et de L’Avenir du Tournaisis datant de 1949. Il était fréquent, à l'époque, de se servir de journaux comme isolant en les utilisant pour boucher des trous là où de l'air passait. Ce qui est drôle, c’est de retrouver ainsi côte à côte deux titres qui se livraient alors une guerre féroce. L'un, Le Courrier de l'Escaut, était plutôt d'obédience catholique alors que L'Avenir du Tournaisis affichait clairement ses idées libérales. Ce dernier fut repris par La Dernière Heure en 1962 alors que le Courrier de l'Escaut entrait dans celui de L'Avenir (qui n'avait rien à voir avec celui du Tournaisis), six ans plus tard.

Manifestement, l'habitation dans laquelle notre menuisier a fait sa découverte devait être occupée par une famille où se lisaient les deux journaux, ce qui était, semble-t-il, assez fréquent même si on avouait alors n'être officiellement abonné qu'à l'une ou l'autre des deux gazettes.

Nous avons relevé quelques perles dans les exemplaires que nous a très sympathiquement déposés le menuisier de Gaurain. À commencer par ce dessin chapeautant une rubrique sur Tournai et qui représente clairement le pont desTrous surmonté par six "clochers", soit les cinq de la cathédrale qui forment un groupe bien distinct et un autre, isolé, qui n'est en réalité pas vraiment un clocher mais une évocation du beffroi. Sont ainsi réunis sur un même "logo", les trois monuments les plus emblématiques de la cité.

Autre curiosité épinglée dans ces journaux datant d'août et décembre 1949: l'annonce de l'inauguration du pont d'Allain restauré et rebaptisé pour la circonstance: pont Armand Devallée. On peut lire que la cérémonie inaugurale était programmée pour le jeudi 8 décembre 1949, à midi et qu'elle serait rehaussée par la présence de M. Buisseret, ministre des Travaux publics. Pour la petite histoire, on notera qu'il avait été décidé de fermer le pont à toute circulation, le jour de la cérémonie, entre 11h45 et 13 h, soit le temps de couper le ruban et de permettre à l'une ou l'autre autorité d'y aller de son petit discours.

Enfin, à épingler, encore: le prix du Courrier de l'Escaut s'affichait alors à 1,25 FB le numéro. On peut lire sur une publicité de l'époque que pour acheter une Peugeot 203 décapotable (on écrivait en réalité "découvrable" en 1949), il fallait débourser la somme de 86 400 FB. Si l'on ramène ces chiffres à la réalité actuelle et tenant compte du coût d'une voiture par rapport à celui du journal, cela impliquerait qu'il faudrait aujourd'hui débourser 110 592 € pour obtenir un véhicule équivalent. Preuve s'il en est que tous les biens de consommation n'ont pas augmenté dans des proportions similaires. Si cela avait été le cas, il y a gros à parier que l'on aurait déjà trouvé depuis belle lurette une alternative aux chevaux vapeurs...