LESSINES

Deux licenciements suite à la fermeture de la piscine de Lessines

Alors que les autorités avaient promis que tous les employés garderaient leur travail malgré la fermeture de la piscine, il n’en est rien. Deux personnes en CDI ont été licenciées.

Vendredi, deux employés de la Coupole sportive de Lessines ont été convoqués par l’échevin des Sport, Éric Mollet et le président de cette ASBL communale, Alain Bource.

On leur a signifié la rupture de leur contrat à dater de ce lundi 25 février, avec prestation de préavis.

«La situation financière de l’ASBL Coupole sportive est préoccupante», stipule le document que les deux employés ont été invités à signer. «Le conseil d’administration réuni le 21 février 2019 a pris, avec regret, la décision à l’unanimité de rompre votre contrat.»

Incompréhensible

Pour les deux personnes licenciées, c’est le choc. En effet, lors de la fermeture de la piscine, les autorités avaient promis que tous les emplois seraient maintenus.

«Cela fait 25 ans que je travaille là», raconte une employée de la piscine licenciée. «J’ai été engagée en 1994 par l’ASBl Les Tritons et j’ai toujours fait mon travail correctement. Je dois maintenant prester 66 semaines de préavis dans une ambiance lourde et oppressante. Je ne comprends pas pourquoi cela me tombe dessus.»

Une décision d’autant plus étonnante pour cette dame qui revient tout juste de convalescence suite à une opération. «Cette intervention était programmée de longue date. J’ai recommencé à travailler lundi dernier, mais on m’a prescrit un mi-temps médical d’une durée d’un mois afin de pouvoir terminer mes soins. Mercredi, ce mi-temps médical a été accepté et, deux jours après, on me dit que je suis virée. C’est incompréhensible!»

L’employé dénonce également des conditions de travail difficiles depuis la création de la Coupole sportive. «Les horaires ne cessaient jamais de changer. C’était infernal, mais nous avons continué à faire notre travail sans nous plaindre. Depuis la fermeture de la piscine, nous sommes les uns sur les autres. À mon avis, d’autres licenciements vont suivre.»

Cette employée attend maintenant de recevoir le recommandé avec son «C4». «Une fois que j’aurai les documents officiels, je me renseignerai sur ce que je peux faire auprès des syndicats et du Forem.»

Regrettable, mais nécessaire

Éric Mollet a confirmé ces deux licenciements, «celui d’une technicienne de surface et d’un maître-nageur. Je suis triste pour eux, mais nous devions prendre cette décision.»

L’échevin des Sports explique ce revirement par des raisons purement économiques.

«Lorsque l’on a décidé de fermer la piscine, je n’étais échevin que depuis 20 jours et je n’avais pas encore en main tous les documents comptables dont nous disposons aujourd’hui. En effet, nous avons reçu de grosses factures pour l’évacuation des eaux usées de piscine, soit 50 000€ supplémentaires. Quand on sait que la subvention communale s’élève à 600 000€ dont 500 000€ pour le personnel, c’était intenable. On ne pouvait maintenir l’équilibre. Surtout avec le manque à gagner de la fermeture de la piscine. Pour maintenir ces emplois, nous aurions dû demander 150 000€ de dotation supplémentaire à la commune, mais nous ne pouvions pas imposer une telle somme aux citoyens.»

Éric Mollet espère maintenir le reste des contrats de travail. «Nous allons développer diverses activités comme du spinning et nous espérons que cela génère des rentrées financières suffisantes pour conserver tous les autres emplois.»

Il ne désespère pas non plus quant à l’avenir des deux personnes licenciées. «Nous penserons au maître-nageur lorsque la nouvelle piscine sera construite, s’il est encore intéressé. Pour la technicienne de surface, je vais me renseigner s’il serait possible qu’elle soit réaffectée ailleurs à la commune, si elle est d’accord bien sûr.»

À noter que le sujet s’invitera sur la table du conseil communal, jeudi soir, au travers une question de Maxime Bernus (Soci@libre).