ASSISES LUXEMBOURG

Meurtre de Gérouville: apeurée, elle refuse de témoigner

Meurtre de Gérouville: apeurée, elle refuse de témoigner

- BELGA

Plusieurs amis de Nasreddine Mhadbi ont décrit, vendredi, le jeune homme comme quelqu’un de non violent au procès de ses meurtriers présumés, Carlo Christophe et Jérôme Kone, devant la cour d’assises du Luxembourg. Certains étaient au courant d’une dette qui semble être le mobile du crime.

«Il n’aurait pas fait de mal à une mouche», a témoigné une copine de la victime. Le jeune homme était connu de la police mais pour des petits délits.

«Il volait comme un enfant qui fait des bêtises à l’école. Lui, il volait dans la rue mais il est tombé sur des monstres», a aussi confié cette témoin.

Un autre ami, ému à la barre, a évoqué «une belle amitié qui a fini trop tôt». Le qualificatif de «gentil» a encore été donné par un autre témoin.

«Il avait parfois des problèmes avec la police mais ils étaient liés à de la consommation de stupéfiants», a précisé cet autre copain de Nasreddine Mhadbi.

La personnalité du jeune homme âgée de 21 ans au moment de sa mort sera encore abordée, lundi, au début de la seconde semaine de procès, avec notamment le témoignage de sa mère qui sera appelée à son tour comme témoin.

«S’il avait été en prison pour ce qu’il m’a fait, on n’en serait pas là»

Une ancienne compagne de Carlo Christophe, appelée vendredi comme témoin de moralité devant la cour d’assises du Luxembourg, a refusé, en étant visiblement apeurée, de livrer un témoignage afin d’apporter un éclairage sur la personnalité de l’accusé devant répondre du meurtre de Nasreddine Mhadbi aux cotés de Jérôme Kone.

La vie de couple entre la témoin et Carlo Christophe remonte à plusieurs années. Leur relation s’est achevée tandis que des poursuites judiciaires avaient été entamées à l’égard de l’accusé pour avoir percuté sa compagne avec sa voiture. En décembre 2015, la cour d’appel de Liège l’avait condamné pour cela à 200 heures de travail pour coups et blessures volontaires.

Cette ancienne compagne n’avait pas davantage voulu se confier aux policiers lors de l’enquête sur le meurtre de Nasreddine Mhadbi. «S’il avait été en prison pour ce qu’il m’a fait, on n’en serait pas là» avait-elle seulement déclaré au sujet de Carlo Christophe. Des propos qu’elle a confirmés vendredi devant la cour d’assises.

À la question d’un juré de savoir, avec le recul, si elle recommencerait une vie commune avec l’accusé, elle a répondu par la négative.

Jeudi, la dernière compagne de Carlo Christophe avait elle-même déjà témoigné d’un climat de violences durant les quelques semaines de vie commune avec l’accusé juste avant son arrestation en août 2016. Un dossier pour violences conjugales a d’ailleurs été ouvert par le parquet suite aux auditions de cette dernière compagne de l’accusé lors de l’enquête.

En outre, Carlo Christophe a par ailleurs été condamné à un an de prison, en avril 2018, par le tribunal correctionnel d’Arlon pour violences conjugales envers une troisième ex-compagne. Ce dernier jugement a fait l’objet d’une décision d’appel.