JUDICIAIRE

Meurtre de Gérouville: le meilleur ami de Carlo Christophe refuse de confirmer ses déclarations

Meurtre de Gérouville: le meilleur ami de Carlo Christophe refuse de confirmer ses déclarations

- BELGA

Plusieurs témoins ont été appelés à la barre, jeudi, devant la cour d’assises du Luxembourg, au procès de Carlo Christophe et Jérôme Kone, accusés du meurtre de Nasreddine Mhadbi, afin d’apporter, si possible un éclairage sur la soirée, du 4 août 2016, dans le centre de Virton, qui a précédé les faits.

Au cours de cette soirée, la victime a été accostée par Jérôme Kone pour une histoire de dettes. Carlo Christophe était aussi à proximité. En fin de soirée, la victime a été emmenée dans la voiture de Carlo Christophe et dans laquelle Jérôme Kone avait aussi pris place. Le corps poignardé et brûlé de Nasreddine Mhadbi sera retrouvé le lendemain en début de journée dans un champ à Gérouville (Meix-devant-Virton). Les deux accusés se chargent mutuellement dans le meurtre.

Mais c’est un autre épisode, qui s’est déroulé, aussi ce 4 août 2016, qui a été évoqué. Avant de retrouver Jérôme Kone à Virton, Carlo Christophe s’était rendu à Arlon avec sa voiture en compagnie de deux autres copains. Sur le chemin du retour, une dispute a éclaté, visiblement pour le motif futile d’une chanson passant à la radio. Carlo Christophe s’est alors saisi d’un couteau – qui sera vraisemblablement l’arme du crime mais qui n’a jamais été retrouvée – pour menacer l’un de ses passagers. L’accusé a admis les faits.

L’autre passager avait permis de calmer les esprits. Ce dernier était cité comme témoin. Réticent à s’exprimer devant la cour d’assises, il a finalement été amené jeudi par la police sur demande de la présidente Urbain. Mais contrairement à ce qu’il avait déclaré aux enquêteurs, il n’est plus revenu en détails sur cet épisode. Cet ami considère Carlo Christophe comme un «frère» et estime qu’il n’est pas «capable de s’attaquer à quelqu’un». Malgré les relances de la présidente et même du conseil de Carlo Christophe, le témoin est resté évasif, invoquant même des pressions policières lors de ses auditions.

Le meilleur ami de Carlo Christophe s’est cependant adressé à l’accusé. «Lâche ta conscience si tu as fait quelque chose» a-t-il lancé à l’adresse de Carlo Christophe.

«Cette fois, il ne dit rien sur les stups, sur le couteau ou sur un alibi qui a été évoqué» a déploré, elle, l’avocat général Marie-Eve Bouillon à la suite de ce témoignage. Une analyse rejointe par la propre défense de Carlo Christophe.

«En voulant protéger son ami, monsieur fait exactement l’inverse», a réagi Me Alexandre Wilmotte.

L’autre passager lors du déplacement vers Arlon, aussi entendu comme témoin, a confirmé avoir été menacé par Carlo Christophe et avoir voulu prévenir la police. La grand-mère de Jérôme Kone a aussi été étendue. Habitant au moments des faits à Virton, elle hébergeait souvent son petit-fils. C’est d’ailleurs chez elle qu’est revenu le second accusé dans la nuit du 4 au 5 août 2016, vraisemblablement après le meurtre de Nasreddine Mhadbi. La grand-mère dormait. Mais elle restée très proche de son petit-fils et pense que c’est Carlo Christophe qui a tué le jeune homme.

«Il y a un Dieu qui voit et Dieu attend quelqu’un avec un problème. Donc Carlo doit dire la vérité car c’est lui qui a amené mon petit-fils dans cette histoire», s’est-elle exclamée lors de son témoignage devant la cour d’assises.

 

Carlo Christophe a un passé de violences conjugales

Le caractère violent de Carlo Christophe vis-à-vis de ses compagnes a été confirmé, jeudi, devant la cour d’assises du Luxembourg au procès de l’intéressé, accusé du meurtre de Nasreddine Mhadbi aux côtés de Jérôme Kone.

Sa dernière compagne, citée comme témoin, a résumé le climat de couple. Elle n’a partagé que quelques semaines de vie conjugale avec l’accusé de juin 2016 jusqu’à son arrestation en août de la même année. La jeune femme a mis fin depuis à cette relation mais en reste marquée. Elle décrit Carlo Christophe comme «agressif et jaloux». Un jour, il essayé de l’étrangler.

«Je faisais tout ce qu’il voulait pour ne pas l’énerver. Il ne s’excusait jamais», a-t-elle confié. La dernière compagne de l’accusé dit «avoir toujours peur».

Un dossier pour violences conjugales a d’ailleurs été ouvert par le parquet suite aux auditions de la dernière compagne de l’accusé lors de l’enquête. Et comme l’a rappelé l’avocat général, Carlo Christophe a déjà des antécédents judiciaires pour violences conjugales envers deux autres compagnes.

L’accusé a ainsi été condamné en 2015 par la cour d’appel de Liège à une peine de travail de 200 heures pour coups et blessures envers une première compagne et à un an de prison, en avril 2018, par le tribunal correctionnel d’Arlon, pour violences envers une seconde. Ce dernier jugement a fait l’objet d’une décision d’appel.

Une amie de la dernière compagne de l’accusé avant son arrestation a elle-même évoqué ce climat de violences. La témoin dit avoir mis son amie en garde.

«Je me suis fâchée avec elle car je voulais qu’elle le quitte mais elle s’était remise avec lui» s’est souvenue la témoin.