BULLANGE

Le parquet fédéral fait saisir 19 camions de la compagnie de transport Jost Group

Le parquet fédéral fait saisir 19 camions de la compagnie de transport Jost Group

L’enquête en question porte sur une fraude sociale et de la traite des êtres humains, en utilisant des sociétés de «boîtes aux lettres» en Roumanie et en Slovaquie. Photo News

La compagnie de transport Jost Group s’est vue saisir 19 camions, indique mardi le parquet fédéral, confirmant une information de La Dernière Heure.

L’entreprise fait l’objet d’une enquête concernant une fraude sociale et un trafic d’êtres humains dans le secteur des transports par le truchement de sociétés «boîtes aux lettres» en Roumanie et en Slovaquie. Le parquet se refuse pour l’heure à de plus amples commentaires sur l’enquête en cours.

Des procédures judiciaires sont initiées par le groupe Jost pour empêcher la saisie de 281 véhicules supplémentaires, selon le quotidien. L’entreprise a fait valoir que le tribunal de première instance de Liège a interdit, le 27 janvier dernier, la saisie de plus de 300 camions souhaitée par le parquet fédéral. Une décision que le parquet entend contester.

Entre 2014 et 2016, la compagnie Jost Group a recruté quelque 1 100 chauffeurs de camion d’Europe de l’Est pour les faire travailler en Belgique, selon les mêmes conditions de travail appliquées dans leur pays d’origine. La sécurité sociale belge et les chauffeurs auraient ainsi fait l’objet d’une escroquerie évaluée à un montant de 55,3 millions d’euros.

Dans le cadre de ce dossier, quatre personnes de la compagnie, dont le CEO Roland Jost, ont déjà été interpellées et libérées sous conditions.

Jost Group se dit consterné par les informations erronées communiquées à la presse par le procureur fédéral et estime cela contraire à la présomption d’innocence. La compagnie a toujours réfuté les accusations qui lui ont été portées. Le groupe continue à vouloir collaborer avec les autorités dans ce dossier et espère pouvoir se défendre dans un climat serein.

La CSC salue cette action contre le dumping social

La CSC Transcom s’est félicitée mardi après-midi de la saisie par le parquet fédéral de 19 camions du groupe Jost dans le cadre d’une enquête concernant une fraude sociale et un trafic d’êtres humains dans le secteur des transports. Le syndicat chrétien se réjouit ainsi de constater que le parquet poursuit son travail pour faire cesser le dumping social au sein de l’entreprise. Il réclame un renforcement des contrôles dans le secteur.

La CSC Transcom espère que la justice va mener des enquêtes similaires chez les autres opérateurs du transport et que les contrôles vont se systématiser de manière à ce que le territoire belge ne soit plus une zone de non-droit en matière de dumping social. Cette pratique est «intolérable non seulement pour les travailleurs exploités mais aussi parce qu’elle crée une concurrence déloyale pour les travailleurs et les employeurs qui respectent les règles», défend Roberto Parrillo, responsable général transport & logistique CSC Transcom et président du syndicat européen des travailleurs du transport routier.

Si le syndicat salue l’action du parquet, il reste très soucieux de l’emploi et du sort de toutes les familles qui vivent grâce à l’entreprise.