POLITIQUE

Olivier Chastel à l’Europe et Didier Reynders au fédéral; Charles Michel reprend la présidence du MR

Olivier Chastel à l’Europe et Didier Reynders au fédéral; Charles Michel reprend la présidence du MR

Passage de témoin entre les deux cadors du MR. Belga

Le conseil du MR, qui se réunissait ce lundi matin, «a confié à Charles Michel la mission d’assumer le mandat de président du MR jusqu’à l’issue du processus électoral et des négociations gouvernementales.»

Olivier Chastel, lui, sera tête de liste à l’Europe devant Frédérique Ries tandis que Didier Reynders tirera la liste fédérale du MR à Bruxelles, Sophie Wilmès y occupant la deuxième place. Outre son poste de Premier ministre en affaires courantes et de président du MR, Charles Michel sera également tête de liste au fédéral dans le Brabant wallon.

Au fédéral toujours, le ministre des Pensions Daniel Bacquelaine sera tête de liste à Liège, David Clarinval à Namur, Benoît Piedbœuf dans le Luxembourg et le ministre de l’Agriculture Denis Ducarme dans le Hainaut.

Les listes régionales seront quant à elles tirées par Françoise Schepmans, devant Vincent De Wolf (Bruxelles), Valérie de Bue (Brabant wallon), François Bellot (Dinant-Philipepville), Gilles Mouyard (Namur), Willy Borsus (Luxembourg), Philippe Dodrimont (Liège), Pierre-Yves Jeholet (Verviers), Caroline Cassart (Huy-Waremme), Jean-Luc Crucke (Tournai-Ath-Mouscron), Jacqueline Galant (Mons), Olivier Destrebecq (La Louvière-Soignies) et Nicolas Tzanetatos (Charleroi-Thuin).

+ A LIRE AUSSI | Parlement européen : le MR perdrait un siège au profit du… PTB

L’ensemble du projet de programme pour les élections du 26 mai prochain sera par ailleurs consultable sur le site du MR dès ce mercredi. Il sera soumis à l’avis de tous les citoyens, membres ou non du MR, notamment à l’occasion de deux congrès régionaux à Namur le 24 février et à Bruxelles le 28 février. Ce projet sera ensuite voté le 24 mars.

Olivier Chastel, lui, sera tête de liste à l’Europe tandis que Didier Reynders devrait tirer la liste fédérale du MR à Bruxelles.

L’ensemble du projet de programme pour les élections du 26 mai prochain sera par ailleurs consultable sur le site du MR dès ce mercredi. Il sera soumis à l’avis de tous les citoyens, membres ou non du MR, notamment à l’occasion de deux congrès régionaux à Namur le 24 février et à Bruxelles le 28 février. Ce projet sera ensuite voté le 24 mars.

Charles Michel répond aux critiques: «Je suis un et indivisible»

Le conseil du MR a donc approuvé ce lundi à l’unanimité le remplacement d’Olivier Chastel à la tête du parti par le Premier ministre, Charles Michel. Le chef du gouvernement ne voit pas de problème à assumer les deux fonctions, a-t-il assuré au cours d’une conférence de presse.

D’ici quelques semaines, les électeurs se rendront aux urnes pour renouveler les parlements fédéraux, régionaux, communautaires et européen. M. Michel dit vouloir s’engager pleinement dans le débat et «refuser l’hypocrisie»: «le Premier ministre est aussi un leader politique qui veut convaincre et chercher la confiance des électeurs».

«Je suis un et indivisible. Je vais mener ma responsabilité de Premier ministre à son terme, dans l’intérêt du pays, et dans le même temps je serai présent dans la campagne électorale pour l’avenir du pays, et les deux sont liés», a-t-il ajouté.

Cette succession inattendue à la présidence du MR est une idée de M. Chastel qu’il mûrissait depuis plusieurs semaines, a-t-il assuré. Le président sortant estimait qu’il ne pouvait à la fois mener son parti aux élections et être tête de liste pour le scrutin européen. Il dit avoir pris contact dimanche avec M. Michel pour lui proposer ce scénario.

«Il s’agit d’un cheminement personnel. Hier, j’ai fait pris contact avec Charles Michel pour lui faire part de mon sentiment: à partir du moment où je suis tête de liste européenne, où je n’ai plus l’ambition d’être au parlement fédéral ou de Wallonie, j’estimais qu’il fallait réfléchir à la façon de conduire notre parti et, intimement, j’ai pensé que Charles Michel était l’homme pour mener notre formation.»

Pascal Delwit: «Intellectuellement problématique»

Si être à la fois Premier ministre et président de parti est de tradition dans certains pays, c’est loin d’être le cas en Belgique où le système «s’y prête mal», estime le politologue Pascal Delwit (ULB).

«C’est une situation exceptionnelle», indique M. Delwit. Si cela s’est déjà vu, c’était lors de «périodes relativement brèves», quelques jours seulement.

«Formellement, rien n’interdit» d’occuper cette double casquette pendant plusieurs mois, mais «c’est intellectuellement problématique», relève M. Delwit. En Allemagne ou au Royaume-Uni, il est de tradition que le chef du gouvernement soit également président de son parti, mais le système belge «s’y prête mal». «Le Premier ministre l’est de tous les Belges, or la position communautaire» du MR peut poser problème aux citoyens du nord du pays. Le fait d’être en affaires courantes ne rend pas cette situation moins confortable, estime encore le politologue.

Il pointe également un paradoxe: Charles Michel n’est devenu asexué linguistiquement qu’à la démission du gouvernement. En devenant président du MR, il ne l’est de nouveau plus, selon M. Delwit, qui souligne encore que la transition annoncée lundi matin «ne s’est pas faite selon les statuts» du parti.

Écolo: «Après le demi-gouvernement, voici le Premier Ministre à mi-temps»

«On avait déjà un demi-gouvernement, nous voilà avec un Premier ministre à mi-temps», ironise Écolo.

«Quand on exige légitimement des fonctionnaires une apparence de neutralité, comment comprendre et accepter que la Belgique est désormais, officiellement et formellement, dirigée par le chef du MR?», s’interroge la co-présidente des écologistes, Zakia Khattabi.

«Quand on s’engage dans des fonctions aussi importantes, c’est jusqu’au bout, pas pour quitter le navire avant la fin, et alors qu’il y a de nombreux dossiers nécessitant une réponse rapide, en matière sociale, économique ou climatique», ajoute-t-elle.

Olivier Chastel à l’Europe et Didier Reynders au fédéral; Charles Michel reprend la présidence du MR
Zakia Khattaby: «Quand on s’engage dans des fonctions aussi importantes, c’est jusqu’au bout, pas pour quitter le navire avant la fin, et alors qu’il y a de nombreux dossiers nécessitant une réponse rapide.» BELGA

Et Écolo de rappeler que le bureau du MR a assuré, la semaine passée, qu’il cosignerait la Loi-Climat, celle-ci pouvant encore être votée avant la fin de législature à condition d’obtenir une majorité des 2/3. «Nous attendons donc maintenant que le nouveau président du MR mette tout son poids pour convaincre le Premier Ministre, et que le changement s’amorce enfin», souligne encore Zakia Khattaby.

«Premier ministre, ce n’est quand même pas un emploi à temps partiel», renchérit pour sa part le député Groen Kristof Calvo. «Avec un Premier ministre président de parti, les affaires courantes seront une campagne électorale permanente», craint-il enfin.

«Un abandon de poste», dénonce le PS

Pour le PS, le fait que Charles Michel occupe la présidence du MR constitue «un abandon de poste» et témoigne de la «piètre image» que le Premier ministre a de sa fonction, a dénoncé le chef de groupe des socialistes à la Chambre, Ahmed Laaouej.

«Premier ministre, c’est un emploi à temps plein. Il n’est pas acceptable que Charles Michel règle les problèmes du MR sur le dos du gouvernement et de son fonctionnement», a-t-il ajouté.

Selon le PS, se pose également la question de la représentation internationale de la Belgique. «A l’étranger, Charles Michel représentera-t-il le pays ou défendra-t-il les intérêts de son parti. Cette situation brouille l’image et c’est plus que problématique», a conclu Ahmed Laaouej.