FRANCE

VIDÉO | «Barre toi sale sioniste»: Alain Finkielkraut injurié en marge de la manif des gilets jaunes

VIDÉO | «Barre toi sale sioniste»: Alain Finkielkraut injurié en marge de la manif des gilets jaunes

AFP

Le philosophe et académicien Alain Finkielkraut a été injurié et sifflé ce samedi en marge de la manifestation des gilets jaunes à Paris, selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et qui ont déclenché une vague d’indignation au sein de la classe politique.

La mobilisation parisienne des gilets jaunes a connu un bref moment de tension ce samedi quand le cortège a croisé la route du philosophe Alain Finkielkraut, insulté par des manifestants.

«Barre toi, sale sioniste de merde», «grosse merde sioniste», «nous sommes le peuple», «la France elle est à nous», ont crié plusieurs manifestants qui défilaient boulevard du Montparnasse, et qui venaient d’apercevoir l’académicien, d’après une vidéo diffusée par Yahoo! Actualités.

Sur une seconde vidéo tournée par un journaliste freelance, on peut voir les forces de l’ordre s’interposer pour protéger le philosophe. Plusieurs responsables politiques dont des membres du gouvernement ont aussitôt condamné fermement ces faits.

Le député Éric Ciotti a tenu à soutenir le philosophe français sur Twitter. «Ces propos sont ignobles et insupportables, leurs auteurs sont des barbares qui doivent être condamnés.»

«Un déferlement de haine à l’état pur», a quant à lui dénoncé le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, dans un tweet.

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a également dénoncé cet acte. «La haine à l’état brut dans les rues de Paris contre Alain Finkielkraut hué aux cris de ‘sale Juif’. La bête immonde tapie dans l’anonymat d’une foule. Ceux qui insultent ont le visage découvert. J’espère qu’ils seront identifiés, poursuivis et lourdement condamnés.»

«Honte aux auteurs de ces menaces répugnantes et à leurs complices», a lancé Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale.

«Vous êtes chez vous, M Finkielkraut, qu’on soit ou non d’accord avec vous. En revanche la foule haineuse qui vous poursuit abuse de sa liberté et de notre démocratie. Honte à elle», a écrit la ministre des affaires européennes Nathalie Loiseau.

De nombreuses figures de l’opposition ont également dénoncé ces actes et apporté leur soutien à l’académicien.

Laurent Wauquiez a dénoncé «d’abjects crétins… Révoltante confirmation de ce qu’Alain Finkielkraut a pointé lui-même: l’antisémitisme se drape dans les habits de l’antiracisme et se nourrit de la chasse aux prétendus islamophobes. Quand ouvrirons-nous les yeux? «

«Soutien total à Alain Finkielkraut odieusement insulté par des sauvages», a affirmé Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, tandis que le député LR Éric Ciotti dénonçait des propos «ignobles et insupportables».

Sébastien Chenu, député Rassemblement National, a dénoncé des «insultes haineuses et honteuses».

Ian Brossat, tête de liste PCF aux Européennes, a estimé qu’»on peut détester les idées de Finkielkraut», mais que «rien ne peut justifier qu’on s’attaque à lui en tant que juif».

L’ex-premier ministre Manuel Valls a jugé ces insultes «à vomir».

«Ça suffit», s’est insurgé le sénateur PS Rachid Temal, rappelant que «le droit de manifester n’est pas celui d’insulter, de menacer ou de tenir propos antisémites, racistes ou xénophobes».

«Gilets Jaunes je suis avec vous depuis le début. Là stop. Certains franchissent toutes les limites», a réagi Esther Benbassa, sénatrice EELV.

«L’antisémitisme, c’est aussi simple, aussi simplement abject que ce + Rentre chez toi à Tel Aviv + visant un écrivain français juif», a lancé le cofondateur du mouvement de gauche Place Publique, Raphaël Glucksmann.

La Licra a également affirmé son soutien à l’académicien, évoquant «une honte absolue» et «des méthodes fascistes d’intimidation».

«Négation absolue de ce que nous sommes»

Les injures antisémites proférées samedi à l’encontre d‘Alain Finkielkraut en marge de la manif des gilets jaunes, «sont sont la négation absolue de ce que nous sommes et de ce qui fait de nous une grande nation», a déclaré Emmanuel Macron sur Twitter.

«Fils d’émigrés polonais devenu académicien français, Alain Finkielkraut n’est pas seulement un homme de lettres éminent mais le symbole de ce que la République permet à chacun», a-t-il ajouté dans un autre tweet.