USA

Donald Trump annonce qu’il signera «l’urgence nationale» pour le mur

Donald Trump annonce qu’il signera «l’urgence nationale» pour le mur

AFP

Donald Trump annonce qu’il allait déclarer l’«urgence nationale», une procédure exceptionnelle pour financer le mur qu’il a promis à la frontière mexicaine, ouvrant une féroce bataille judiciaire avec ses opposants.

«Tout le monde sait que les murs fonctionnent», a-t-il martelé depuis les jardins de la Maison Blanche, évoquant une «invasion» de migrants en situation illégale. Cette procédure lui permet théoriquement de contourner le Congrès afin de débloquer des fonds pour construire son ouvrage phare contre l’immigration clandestine.

Le président a confié s’attendre à ce que des poursuites judiciaires soient lancées contre sa déclaration d’urgence nationale.

L’État de New York a d’ores et déjà déclaré qu’il allait lutter contre cette mesure devant les tribunaux.

«Heureusement nous allons gagner», a-t-il ajouté, affichant une confiance sans doute confortée par les juges conservateurs qu’il a nommés à la Cour suprême, l’instance judiciaire suprême du pays.

Initiative décriée

Reste que l’initiative est décriée par les démocrates et ne fait pas non plus l’unanimité dans le camp républicain.

Les opposants de M. Trump voient dans cette décision la basse manœuvre politique d’un président affaibli par la perte de la Chambre des représentants en novembre et son recul fin janvier dans le bras de fer qu’il avait engagé sur l’immigration.

Les chefs de l’opposition démocrate ont immédiatement dénoncé vendredi un «coup violent» porté à la Constitution.

Outre la question du mur, Donald Trump a indiqué vendredi lors de son intervention qu’une annonce sur le «califat» de l’État islamique (EI) serait faite dans les 24 heures, alors que des djihadistes du groupe extrémiste continuent de défendre leur dernier réduit en Syrie.

«Nous avons beaucoup d’annonces formidables en lien avec la Syrie et avec notre succès dans l’éradication du califat et cela sera annoncé dans les 24 heures», a déclaré le président devant les médias à la Maison Blanche. Il avait déjà indiqué que l’annonce formelle, et surtout symbolique, de la fin de ce «califat» autoproclamé devrait intervenir bientôt.

Plusieurs présidents des États-Unis ont par le passé eu recours à ces moyens exceptionnels, mais dans des circonstances très différentes et beaucoup moins controversées.

Jimmy Carter avait invoqué l’urgence après la prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran en 1979. George W. Bush l’avait fait après les attentats du 11 septembre 2001. Et Barack Obama y avait eu recours lors de l’épidémie de grippe H1N1.

Avant de s’envoler pour la Floride pour passer le week-end dans son club luxueux de Mar-a-Lago, le président américain devrait signer la loi de financement approuvée jeudi à une large majorité au Sénat, contrôlé par les républicains, puis à la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates.

Elle ne comprend qu’un quart du budget qu’il réclamait haut et fort depuis des mois pour son édifice frontalier (1,4 milliard de dollars contre 5,7 milliards demandés). Et dans un combat politique qui est aussi chargé en symboles, elle ne mentionne pas le mot «mur», lui préférant «barrière» ou «clôture».