TOURNÉE MINÉRALE

«Sans alcool, on se sent vite en décalage»

«Sans alcool, on se sent vite en décalage»

Omayra a relevé le défi de la tournée minérale. Et jusqu’à maintenant, elle s’y tient. D.R.

La première moitié du mois de février est écoulée. Voila donc deux semaines qu’Omayra Medina, participante de la tournée minérale, n’a pas bu d’alcool. On a pris de ses nouvelles.

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Plus de 60.000 Belges ont relevé le défi de la tournée minérale. L’objectif: se passer d’alcool pendant un mois pour questionner sa consommation.

Omayra Medina fait partie de ces dizaines de milliers de Belges. Nous avons pris de ses nouvelles, à mi-chemin.

L’Ecaussinnoise de 32 ans est toujours motivée à aller jusqu’au bout du challenge.

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Omayra, après deux semaines d’abstinence, comment vous sentez-vous?

Je me sens bien. La première semaine du challenge, j’étais très active. Peut-être même un peu trop. J’ai tenu bon, pas une goutte d’alcool. Globalement, tout s’est bien passé jusqu’à la première sortie entre amis où les choses ont été un peu plus compliquées.

Racontez-nous.

C’était très clair pour moi que je ne boirais pas d’alcool à cette soirée. Mais cela n’a pas été évident. L’ambiance était particulièrement festive et j’étais la seule à faire la tournée minérale. Les gens autour de moi avaient un peu de mal à comprendre ma démarche. Ils m’ont gentiment taquinée et m’ont apporté plusieurs verres de vin, pour blaguer. À un certain moment, j’ai commencé à me sentir en décalage. Je n’étais pas dans la même ambiance. Ça aurait été plus chouette qu’on fasse la tournée tous ensemble.

Et votre sentiment après cette soirée?

Je suis contente d’y être allée et d’avoir tenu ma résolution. Mais j’avoue que c’était un peu moins gai que d’habitude. D’ailleurs, j’ai écourté la soirée. J’ai profité de ma sobriété pour observer la situation et j’ai trouvé impressionnante la vitesse à laquelle les tournées se succédaient. Quand on est dans cette ambiance, on accepte un verre sans même réfléchir. On perd vraiment le contrôle.

Ressentez-vous des bénéfices à cette abstinence?

Oui. J’ai plus d’énergie. Et je n’ai pas le syndrome du «lendemain de veille», forcément. Donc j’ai l’impression de mieux profiter de mes week-ends. Et ce regain d’énergie me motive pour me remettre au sport. J’ai décidé d’aller régulièrement à la natation et aussi de faire plus de vélo pour les petits trajets. Pour le moment, je m’y tiens. Je ne sais pas si c’est lié, mais je dois aussi avouer que je dors mieux pour le moment.

Avant le défi, vous nous aviez parlé de proposer des activités différentes à vos amis pour ne pas uniquement vous retrouver dans un bar. Est-ce concluant?

J’ai effectivement proposé à mon groupe d’aller faire un karaoké et on m’a directement demandé s’il y aurait à boire. Donc j’ai laissé tomber.

Vous restez tout de même motivée?

Oui, très! Je compte bien aller jusqu’au bout du défi. Il y a pire comme privation. Ce n’est pas comme si je devais arrêter le sucre (rires). Aller jusqu’au bout va me permettre d’être fière de moi. À l’inverse, je serais déçue de ne pas y arriver.

Vous parlez de sucre, avec vous l’impression d’avoir compensé ou remplacé l’alcool par d’autres aliments ou boissons?

Tout au début, j’avoue que je me suis autorisée un peu plus facilement à prendre un petit dessert. Comme j’étais active et que je ne buvais pas, je me suis dit que je pouvais. Mais j’en étais consciente et j’ai rapidement arrêté. Je ne cherche pas quelque chose pour remplacer l’alcool. Je bois principalement de l’eau, un soft de temps en temps ou une tisane. Je ne prends pas de bière ou de vin sans alcool, ça ne m’intéresse pas. Mais je trouve qu’on manque de choix dans les bars quand on ne prend pas d’alcool.

Faire un don pour financer la recherche scientifique

La «Tournée minérale», c’est un challenge personnel mais également l’occasion de faire un geste en faveur de la recherche contre le cancer. Les dons versés à la Fondation contre le cancer sont redistribués à des équipes de chercheurs belges. «La Fondation ne vit que sur base de dons, insiste le Dr Boucquiau, porte-parole. Sans le soutien de la population, nous ne pourrions pas travailler à diminuer les risques de cancer pour faire reculer ce véritable fléau». Tous les renseignements sont disponibles sur le site de la fondation.