Des croix gammées taguées sur des portraits de Simone Veil à Paris

La justice française a été saisie après la découverte de plusieurs actes antisémites dans les rues des Paris.

La justice française a été saisie lundi après la découverte de plusieurs inscriptions antisémites datant du week-end sur plusieurs sites parisiens, dont des croix gammées sur le portrait de Simone Veil, figure européenne survivante d’Auschwitz.

Par ailleurs, des arbres plantés en région parisienne à Sainte-Geneviève-des-Bois, en souvenir de Ilan Halimi, jeune juif torturé et assassiné en 2006, ont été saccagés, à deux jours de l’anniversaire de sa mort. La mairie de la ville a porté plainte après la découverte d’un arbre «entièrement coupé, l’autre en partie scié».

Enlevé le 21 janvier 2006 par des délinquants autoproclamés le «gang des barbares», Ilan Halimi, 23 ans, avait été découvert agonisant après trois semaines de tortures près de la gare de Sainte-Geneviève-des-Bois le 13 février. Il était mort lors de son transfert à l’hôpital.

Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, a annoncé avoir «signalé ces faits sans attendre au procureur de la République d’Evry».

 

«Macron Jews’Bitch»

 

«Cet acte ignominieux ne doit pas rester impuni» a-t-il estimé.

Le même responsable a également annoncé sur Twitter la saisie du «procureur de Paris et (du) Préfet de Police» à propos d’une série d’inscriptions antisémites dans Paris.

Son message était illustré par une photo montrant une porte de garage taguée «Macron Jews’Bitch» dans l’élégant 1er arrondissement, au cœur de la capitale.

«Tags antisémites jusqu’à la nausée en plein Paris ce WE (week-end, NDLR). Quand la haine des Juifs se recoupe avec la haine de la démocratie, le vocabulaire de la #fachosphere se retrouve sur les murs!», a-t-il déploré.

M. Potier a également retweeté la photo d’un mur du 18e arrondissement, plus au nord, non loin de Montmartre, sur lequel est écrit «truie juive». La mairie du 18e a annoncé sur Twitter avoir fait un signalement lundi à ce sujet.

En outre, deux portraits de Simone Veil, figure de la vie politique française et européenne, déportée à 15 ans dans le camp d’Auschwitz, apposés sur des boites à lettres de la mairie du 13e arrondissement (sud-est de la capitale), ont été tagués de croix gammées. Ces portraits avaient été réalisés à l’occasion de l’entrée au Panthéon en juillet 2018 de Mme Veil, décédée en juin 2017.

 

«Salir Simone Veil, c’est salir chacun d’entre nous»

 

La mairie entend porter plainte. «Salir Simone Veil, c’est salir chacun d’entre nous. Et chacun d’entre nous doit réagir face à la bête immonde», a twitté le maire de cet arrondissement, Jérôme Coumet (PS).

Dimanche, les gérants d’un restaurant Bagelstein, dans le quartier historique de L’Ile Saint-Louis, ont également porté plainte: leur vitrine a été taguée du mot «juden» («juifs» en allemand), en jaune, la couleur de l’étoile dont le port était imposé aux juifs pendant l’occupation allemande.

Selon le cofondateur de cette chaîne de restauration spécialisée dans le bagel, Gilles Abecassis, des graffitis similaires ont déjà été réalisés sur d’autres vitrines.

C’est dans ce contexte qu’a été annoncée, lundi soir, l’exclusion – pour un an dont deux mois ferme -d’un étudiant en médecine de l’université Paris-13, après la plainte d’une élève l’accusant de propos antisémites à son égard.

Sept autres étudiants et étudiantes, également mis en cause par cette élève, ont eux été «relaxés».