TOURNAI

Le Tournai d’avant: 1973, un défi et des guides, enfin

Mercredi 4 juillet 1973, salon des mariages de l’hôtel de ville: ils sont une trentaine d’élèves de l’École des Guides à recevoir leur diplôme et cet insigne sur lequel brille la tour des armoiries de cette ville qu’ils s’apprêtent à chanter auprès des visiteurs. Preuve que beaucoup croient cette initiative pertinente, les édiles sont nombreux autour du bourgmestre Fernand Dumont comme des membres de diverses associations culturelles.

Au sein de la «Jeune Chambre Économique» est créée une section «Tourisme et Culture» à qui l’on doit l’éclosion d’une école des guides. En décembre 1971, le Conseil Communal l’accepte.

C’est à Robert Nys qu’échoit la délicate mission de la mettre sur pied avec le soutien des échevins Delcroix et Sénéca. Les cours s’ouvrent en janvier 1971.

Ils sont une quarantaine d’élèves qui ont payé trois cents francs pour s’asseoir, deux fois la semaine, sur les bancs de l’Académie des Beaux-arts. Différents par l’âge – de 18 à 80 ans –, leur profession – enseignants, professions libérales – ils ont en commun un immense désir d’apprendre et de servir.

Leur écolage spécifique, est facilité par celui qui les mène sur les sentiers de l’Histoire de l’art. Serge Le Bailly de Tilleghem, jeune professeur, partage leur enthousiasme et inclut ses élèves dans ces civilisations défilant dans leurs expressions depuis le paléolithique. Ses secrets? Un savoir encyclopédique et une pédagogie structurée, claire, accessible et teintée d’humour.

Après un périple aux musées et édifices religieux confié aux conservateurs, la défense d’un mémoire au thème imposé, les voici prêts pour le terrain.

Ces cicérones sont bien convaincus qu’il reste beaucoup de chemin à parcourir. Pour ce faire, motivation et solidarité leur sont atouts, réunions, mises en commun, discussions, découvertes, astuces prêts de brochures. Pourtant, ils ne sont pas rémunérés, ne le seront qu’en 1974.

Le tourisme se différencie les visiteurs ne se satisfont plus d’un tourisme «visuel» mais veulent connaître et comprendre ce qu’il leur est donné de voir. Dans ce contexte favorable, la Ville ouvre un bureau en 1978 à la Halle-aux-draps où Mesdames Delangre, Wilbaux et Mariage, ex-élèves guides, assurent la permanence en sourires et efficacité.

En 1979, ces guides assurent déjà 242 visites du patrimoine tournaisien et des expositions les plus fastueuses, telles Childéric-Clovis ou Stonehenge.. Ils sont co-auteurs d’animations culturelles telles les conférences et publication des «Grands siècles de Tournai» lors du XXe anniversaire. Pour ces passionnés, leur ville qui doit bénéficier des bénéfices engendrés, le musée des Arts décoratifs reçoit en juillet 1997 une cafetière, superbe orfèvrerie tournaisienne du XVIIIe aux poinçons du célèbre Piat Lefebvre (1684-1728).

Cet âge d’or a faibli avec les mutations sociétales mais les guides ont toujours foi en l’avenir, foi en leur ville.