BRUXELLES

«La qualité de l’air à Bruxelles, c’est comme la qualité de la viande dans les fricadelles»: et si vous installiez un détecteur de particules fines chez vous?

«La qualité de l’air à Bruxelles, c’est comme la qualité de la viande dans les fricadelles»: et si vous installiez un détecteur de particules fines chez vous?

L’air bruxellois irrespirable? Vous pouvez agir en enrichissant une carte collaborative. BELGA

Pour le mouvement citoyen Bruxsel’Air, l’atmosphère respirée à Bruxelles est à l’air ce que la fricadelle est à la viande. Pour faire bouger les lignes, la plateforme vous invite à installer chez vous une station de mesure des particules fines.

«À Bruxelles on sait ce qu’on mange (à peu près), on sait ce qu’on boit (à peu près) mais on ne sait pas ce qu’on respire (ou très peu)». Fort de ce constat fait par Pierre Dornier, l’un de ses membres, le mouvement citoyen Bruxsel’Air lance sa nouvelle campagne.

Intitulée «Chercheurs d’Air», cette campagne invite les Bruxellois à installer un détecteur de particules fines (mode d’emploi: lire cadrée) et à le connecter à une carte en ligne. Les données récoltées permettront de «mieux comprendre et donc de mieux combattre la pollution de l’air à Bruxelles», plaide Bruxsel’Air dans un communiqué.

Le mouvement citoyen déplore que Bruxelles ne compte que 6 stations de mesure des particules fines PM10 et 5 centrées sur les PM2.5 (définitions de ces particules ici via Wikipedia). «Trop peu les 160km2 de Bruxelles et son million d’habitants», peste Bruxsel’Air. Ce qui fait que les informations en matière de pollution de l’air «sont imprécises et difficiles à trouver pour le grand public».

«Grâce à la science collaborative les citoyens peuvent agir concrètement contre la pollution de l’air en la rendant visible et donc plus vulnérable», plaide Pierre Dornier.

Le collectif Bruxsel’Air, qui mène régulièrement des actions de sensibilisation pour une meilleure qualité de l’air dans la capitale, rappelle que chaque année des centaines de personnes meurent prématurément à cause de la pollution de l’air à Bruxelles. En 2018, la limite moyenne annuelle fixée par l’OMS pour la concentration dans l’air en PM2.5 (10 µg/m3) était dépassée dans toutes les stations de mesure de Bruxelles et celle pour les PM10 était atteinte ou dépassée dans les deux tiers des stations.

«Nous avons besoin d’une véritable ruée vers l’air pour donner un second souffle à nos rues, nos écoles et nos parcs. Si elle n’est pas initiée par nos élu-e-s, elle doit venir des citoyen-ne-s», termine Pierre Dornier.

Concrètement

Les Bruxellois qui souhaitent soutenir la campagne des «Chercheurs d’Air» disposent de plusieurs biais. Soit le don simple via la plateforme en ligne, soit l’installation d’un détecteur chez eux. Celui-ci coûte 31€ à verser à Bruxsel’Air.

Attention: le détecteur de particules ne peut être installé qu’à Bruxelles et exclusivement à l’extérieur, soit sur une terrasse, dans un jardin, sur un balcon... Les détails concernant son utilisation, son montage et la façon de le relier à la carte collaborative vous seront délivrés lors d’une réunion d’info avec d’autres «Chercheurs d’Air».