LIÈGE

Huit cents minutes de retard épargnées grâce aux caméras dans les gares liégeoises

Les caméras installées dans les gares liégeoises ont prouvé leur efficacité puisque les cas d’intrusion dans une zone à risque sont passés d’une moyenne de six à deux après un an de test. Ce qui représente une diminution de 800 minutes de retard, a indiqué mercredi Benoît Gilson, directeur de la communication chez Infrabel, le gestionnaire des infrastructures ferroviaires.

Ce projet pilote contre le trespassing (intrusion sur les voies de chemin de fer) a été lancé il y a un an à Liège, sur base d’un modèle finlandais qui faisait ses preuves. Liège, et en particulier la gare de Jonfosse (renommée «Liège Carré»), présentait des données importantes en la matière. L’objectif est double puisqu’il s’agit de renforcer la sécurité au sein des infrastructures et ainsi réduire les retards qui peuvent être générés par des intrusions en zone à risque.

«41% des trains qui affichent du retard le sont en raison de faits de tiers, le trespassing étant la deuxième cause de retard», a souligné François Bellot, ministre fédéral de la Mobilité, lors de sa venue à Liège pour assister à la présentation des résultats du projet pilote après un an de test.

Concrètement, cinq caméras ont été placées, à savoir deux à la gare de Liège-St-Lambert (anciennement «Palais»), deux à hauteur du tunnel de la gare de Liège-Carré (Jonfosse) et une entre cette dernière et la gare de Liège Guillemins. Sur un an de fonctionnement, 70% des alarmes étaient justifiées, c’est-à-dire qu’une intrusion a bien été détectée dans une zone à risque. Quand tel est le cas, le système détecte le mouvement qui induit un message sonore d’alerte dans trois langues (français, néerlandais et anglais).

À Liège, le nombre de cas de trespassing est ainsi passé d’une moyenne de six (sur la période 2012-2017) à deux après un an de test. Ce qui représente une diminution de 800 minutes de retard. Le test étant concluant, Infrabel a annoncé l’intention de poursuivre sur cette voie en indiquant que le système sera testé en 2019 dans les gares de Huy et Anvers.

En dix ans environ, sur l’ensemble du réseau belge, le phénomène s’est amplifié, passant ainsi de 214 cas en 2008 à 818 en 2017. Aussi, en 2018, un budget de 2,2 millions d’euros a été consacré à des actions visant à lutter contre le trespassing. Cela s’est concrétisé par la pose de clotûres, de tapis anti-trespassing, de panneaux ou encore à travers le rehaussement de quais et l’installation de caméras. Quarante-trois points critiques ont été identifiés sur le réseau belge, majoritairement au sein de gares. Un million d’euros devrait à nouveau être consacré à de tels projets en 2019.