Facebook a payé des ados pour espionner leur téléphone

Facebook a payé des ados pour espionner leur téléphone

Facebook a essayé de contourner la politique de confidentialité d’Apple en faisant appel à trois intermédiaires, trois écrans. Facebook

Les pratiques agressives de Facebook sont à nouveau dans l’œil du cyclone aux États-Unis.

Facebook est à nouveau au cœur de la tourmente. Comme de coutume, la collecte compulsive des données personnelles est le pilier d’un dossier compromettant dévoilé par TechCrunch.

L’enquête menée par le célèbre site américain est implacable. L’article disponible à cette adresse explique comment le réseau social orchestre en toute discrétion un programme payant de siphonage des données des smartphones.

En résumé: depuis 2016, Facebook fait appel à trois intermédiaires qui paient des Américains (entre 13 et 35 ans) pour installer une application qui collecte régulièrement les données du téléphone avant de les transmettre à Facebook.

Exemple concret: cette page web dirigée en façade par la société betabound.

Facebook a payé des ados pour espionner leur téléphone
L’invitation à vous inscrire à ce programme de collecte des données ne fait initialement aucune référence à Facebook. Capture d’écran

«Vous êtes invités à participer à un projet qui étudie simplement vos habitudes d’usage de votre téléphone», annonce le texte introductif.

«Pour 20$ par mois (via une carte cadeau virtuelle), vous installerez une application sur votre téléphone et vous la laisserez tourner en arrière-plan. Le but de ce projet est d’analyser les habitudes d’usage du téléphone et des applications en agrégeant les données d’un groupe d’utilisateurs.»

C’est qu’au fil de la démarche que le véritable chef d’orchestre se dévoile: Facebook. L’application que betabound vous invite à final à installer est simplement Facebook Research, une «app» d’espionnage consenti concoctée par le célèbre réseau social.

Très curieuse, l’application demande carrément à ses utilisateurs de faire une capture d’écran de leur historique d’achats Amazon.

Parmi les données siphonnées, soulignons: les messages privés dans les applications des réseaux sociaux, les messages des applications de messagerie instantanée, dont les photos et les vidéos envoyées aux contacts, les courriers électroniques, les recherches sur le web, les informations de localisation collectées par les «apps»…

Bref, Facebook signe une sorte de contrat avec chaque utilisateur de l’application Facebook Research et les rémunère en conséquence.

En soi, la démarche n’a rien d’illégal.

Là où le bât blesse, c’est que Facebook piétonne sciemment la politique d’Apple en matière de confidentialité. La «pomme» de Cupertino (Californie) fait la chasse aux applications trop curieuses.

Facebook avait déjà fait les frais de cette politique, en voyant l’été dernier son «app» Onavo Protect priée de quitter l’App Store toute affaire cessante.

Après avoir quitté la maison par la porte, Facebook a clairement essayé de rentrer par la fenêtre, en se cachant derrière trois intermédiaires.

Suite à la publication de l’enquête de TechCrunch, Facebook a décidé d’euthanasier la version iOS (iPhone) de son application controversée Facebook Research.