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Ses enfants comme mules pour fournir la drogue

Ses enfants comme mules pour fournir la drogue

Illustration ÉdA – 40918234950

Déjà condamnée dans cinq pays différents pour trafic de stupéfiants, une Athusienne risque cinq ans de prison supplémentaires.

Extraite de sa cellule dès potron-minet, menottée, entourée par trois agents pénitentiaires, une dame de 51 ans s’est présentée devant son juge comme si elle se rendait à une soirée mondaine. Maquillée, cheveux soignés tirés dans un chignon, pull rose, elle a tout d’une paisible et honorable grand-mère égarée dans un lieu improbable. Et pourtant!

Avec son calme et sa bienveillance habituelle, la juge Sarah Coisne l’a longuement interrogée sur un parcours de vie international et très chaotique. Cap-verdienne, elle a parcouru le monde: Portugal, Brésil, France, Belgique, Luxembourg. Parcours jalonné d’une constance absolue: elle y a visité les prisons toujours pour des problèmes de trafic de stupéfiants.

Elle purge actuellement la fin d’une peine de prison au Grand-Duché de cinq ans, dont trois ans ferme. Lors d’une sortie autorisée, elle s’est trouvée mêlée à une nouvelle affaire. Le 21 septembre 2018, des hommes cagoulés se sont présentés à son domicile d’Athus. Venant à la rescousse de son fils de 17 ans menacé par une barre de fer, elle a réussi à arracher la cagoule de l’agresseur et à les mettre en fuite.

500 000€ de stups pour dépanner un ami

Quelques jours plus tard, les enquêteurs ont effectué une perquisition à son domicile. Après avoir trouvé quelques sachets de conditionnement dans une chambre, les policiers ont gagné le jackpot dans le garde – manger: une valise contenant de la drogue pour une valeur estimée à près de 500 000€. La prévenue prétend avoir voulu dépanner un ami qui lui a demandé de garder la valise pendant quelques jours, refuse de donner son nom, pas plus que celui de l’homme cagoulé qu’elle admet avoir reconnu.

Témoignages et analyse de la téléphonie sont accablants, surtout ceux qui l’accusent d’envoyer ses enfants, avec de la drogue cachée dans leurs vêtements, pour fournir leurs clients.

La défense remet tout en question

Me Frédéric Veneau, avocat du barreau Grand-Ducal, a longuement détaillé les faits et le parcours de vie de sa cliente. Patiemment, il a démonté, une à une, toutes les évidences du dossier, allant jusqu’à considérer que le témoignage d’un toxicomane ne peut être considéré comme crédible, car la drogue embrume l’esprit et que le tribunal ne peut juger sa cliente parce que la came qu’elle écoulait, l’était sur le territoire grand-ducal (même si la drogue partait de son domicile belge).

Elle a été condamnée par défaut en première instance à cinq ans de prison et une confiscation par équivalence à 16 790€. Le ministère public a requis la confirmation de cette peine.

Le tribunal rendra son jugement le 18 février.