MOBILITÉ

Une étude dénonce les dangers de la trottinette électrique

Une étude dénonce les dangers de la trottinette électrique

Avec beaucoup d’opportunisme, le service de location Lime présente des utilisateurs de trottinettes partagées qui portent un casque. Une étude US démontre pourtant que cette mesure est négligée. Lime

En location partagée à Bruxelles notamment, la trottinette électrique est source d’accidents inquiétants, souligne une étude américaine.

En marge de la monoroue, du gyroskate ou encore du gyropode, la trottinette électrique est le fer de lance de la micromobilité.

Les services de location temporaire comme Troty, Bird et Lime assurent une visibilité unique à ces «engins de déplacement motorisé» selon leur dénomination légale.

À débloquer via une application, ces trottinettes partagées fleurissent essentiellement sur les trottoirs de Bruxelles. Prix: 1€ pour démarrer, 0,15€ par minute.

 

Épidémie aux urgences

 

Ces services connaissent également un développement spectaculaire aux USA. Au point d’avoir poussé plusieurs universités de Californie à étudier l’impact de cette technologie sur les services d’urgence.

Publiée à cette adresse, cette très sérieuse étude pointe les dangers de l’émergence de la trottinette électrique.

 

 

Conditions de l’étude

 

- Deux services d’urgence du sud de la Californie.

- Une année, de 1er septembre 2017 au 31 août 2018.

 

Le premier chiffre à émerger est éloquent.

En douze mois, 249 personnes se sont présentées aux portes de ces deux services d’urgence pour des accidents liés à la trottinette électrique, contre 195 liés au vélo.

Sur ces 249 patients pris en charge:

- 228 étaient des utilisateurs d’une trottinette électrique.

- 21 étaient des passants blessés par une trottinette électrique.

- 234 ont quitté le jour même les urgences.

- 15 ont été hospitalisés, dont deux aux soins intensifs.

 

Casque et négligence

 

Parmi les blessures observées, les registres hospitaliers pointent du doigt:

- 79 patients (31,7%) souffrant de fracture(s).

- 100 patients (40,2%) souffrant de blessures à la tête.

- 69 patients (27,7%) souffrant de lésions aux tissus mous.

Si les blessures à la tête sont si nombreuses, c’est parce que le port de casque semble négligé, souligne l’étude américaine.

Le port du casque a été confirmé par seulement 10 des 228 utilisateurs d’une trottinette électrique admis aux urgences en douze mois.

Le taux est faible, très faible. Surtout si l’on tient compte de la prédominance des chutes (183) dans les statistiques des causes des accidents décortiqués.

Les chercheurs ont poussé les investigations plus loin, en observant à trois reprises la circulation locale. 193 utilisateurs d’une trottinette électrique ont ainsi été repérés au fil de ces sessions. 94,3% ne portaient pas de casque.

 

Mineurs blessés

 

En complément de la faible utilisation du casque, l’étude s’inquiète également de la proportion (10,8%) de blessés âgés de moins de 18 ans, l’âge minimum requis pour louer et utiliser une trottinette électrique partagée.

 

 

Le cadre belge

 

Dans la loi belge, la trottinette électrique est considérée comme un « engin de déplacement motorisé».

Son allure détermine les règles qui s’appliquent:

- «Lorsque les utilisateurs d’engins de déplacement ne circulent pas plus rapidement qu’à l’allure du pas, ils doivent suivre les règles d’application pour les piétons.»

- «Lorsque les utilisateurs d’engins de déplacement circulent plus rapidement qu’à l’allure du pas, ils doivent suivre les règles d’application pour les cyclistes.»

Bref, selon la vitesse, l’utilisateur de la trottinette électrique est assimilé à un piéton ou à un cycliste.

C’est ainsi que par extension, le port du casque n’est pas obligatoire.