JUDICIAIRE

Procès du musée juif: Nemmouche trahi par ses… biceps?

Procès du musée juif: Nemmouche trahi par ses… biceps?

BELGA

Des parties civiles veulent faire comparer les biceps du tueur du Musée juif à ceux de Mehdi Nemmouche.

L’accusé Mehdi Nemmouche a refusé, vendredi matin, de répondre à une question de la présidente de la cour d’assises relative à son ordinateur. Mehdi Nemmouche a une nouvelle fois promis qu’il y apporterait une réponse ultérieurement.

«Les faits (du Musée juif) se sont déroulés à 15 h 47 et une caméra a été branchée sur votre ordinateur à 16 h 17», a relevé la présidente Laurence Massart. «Doit-on comprendre que vous avez été mis en possession (des éléments retrouvés en possession de Mehdi Nemmouche lors de son arrestation) entre les deux?»

«Vous aurez la réponse à cette question plus tard», a seulement répondu l’accusé.

Il refuse de répondre mais accepte un prélèvement de sa voix si la cour l’estime nécessaire

«Allons-y», a répondu Mehdi Nemmouche à la question de la présidente de la cour d’assises de savoir s’il accepterait éventuellement de se prêter à un prélèvement de sa voix.

Si la cour l’estime nécessaire, elle ordonnera à l’expert en comparaison vocale de faire un prélèvement de la voix de Mehdi Nemmouche.

Celui-ci serait alors comparé au prélèvement de la voix audible sur la vidéo revendicatrice de l’attaque au Musée juif de Belgique, retrouvée sur un ordinateur en possession de Mehdi Nemmouche.

D’autres comparaisons vocales avaient déjà été réalisées par l’expert, qui avait conclu à «un renforcement de l’hypothèse que la voix de la vidéo est celle de Mehdi Nemmouche».

Des parties civiles veulent faire comparer les biceps du tueur à ceux de Nemmouche

Deux avocats des parties civiles ont demandé vendredi devant la cour d’assises de Bruxelles dans le cadre du procès de Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer que l’on compare les biceps du premier accusé avec une capture d’écran issue d’une vidéo de revendication de l’attaque.

Il s’agit de photos retrouvées sur l’ordinateur portable de Mehdi Nemmouche: des clichés de vacances, ainsi que des photos et vidéos de l’homme masqué revendiquant l’attaque du musée. Certaines de celles-ci ont été montrées aux jurés jeudi.

Me Dounia Alamat, qui représente Unia, a demandé à la présidente Laurence Massart une comparaison des biceps des deux personnes. «C’est peut-être parce que je suis une femme, mais il me semble que les biceps se ressemblent. Y a-t-il un moyen de les comparer pour savoir s’ils appartiennent à la même personne?»

La présidente a posé la question à un expert de la police judiciaire, qui a indiqué que si la reconnaissance ou la comparaison faciale étaient fréquentes, «la comparaison des muscles» lui était inconnue.

Me François Koning, qui représente des membres de la famille de Dominique Sabrier, a émis la même demande que Me Alamat, évoquant la possibilité pour un médecin légiste de se positionner sur la question. Il estime que les veines de Mehdi Nemmouche et de l’homme masqué sur les vidéos sont très spécifiques et se ressemblent. «Elles sont typiques de quelqu’un qui fait du culturisme», affirme-t-il.

Najim Laachraoui voulait commettre un enlèvement pour faire libérer Nemmouche

Najim Laachraoui envisageait de commettre un enlèvement pour faire libérer Mehdi Nemmouche, selon un fichier audio rapporté vendredi devant la cour d’assises de Bruxelles par la juge d’instruction Berta Bernardo Mendez.

La cour s’est penchée pour la première fois sur les activités de Mehdi Nemmouche en Syrie vendredi matin.

Au sein de l’État islamique, l’accusé de la tuerie au Musée juif aurait été le geôlier de journalistes français. Ceux-ci devraient venir témoigner devant la cour d’assises de Bruxelles le 7 février. Ils ont dit, lors de l’enquête, avoir formellement reconnu Mehdi Nemmouche comme étant l’un de leurs tortionnaires en Syrie, principalement dans l’ancien hôpital ophtalmologique d’Alep qui servait de centre de détention au groupe terroriste.

Mehdi Nemmouche est soupçonné d’avoir été, avec Najim Laachraoui, l’un des fers de lance de l’Amniyat, soit le service de contre-espionnage et d’opérations spéciales de l’EI qui sera amené, avec d’autres figures telles qu’Abdelhamid Abaaoud, à organiser des attaques en Europe.

Dans un ordinateur retrouvé près d’une planque des auteurs du 22 mars à Schaerbeek et attribué à Najim Laachraoui, un fichier audio laisse entendre que l’artificier des attentats de Bruxelles avait à un moment planifié un enlèvement d’une personnalité pour ensuite «l’échanger» contre la libération de Mehdi Nemmouche.


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