JUDICIAIRE

La défense de Nemmouche s’insurge de la présentation des images de vidéo-surveillance

La défense de Nemmouche s’insurge de la présentation des images de vidéo-surveillance

Sebastien Courtoy, l’avocat de Mehdi Nemmouche. Photo News

La défense de Mehdi Nemmouche a dénoncé, lundi à l’issue de l’audience devant la cour d’assises de Bruxelles, la manière dont ont été présentées aux jurés les images de vidéo-surveillance qui montrent l’auteur de l’attentat passant devant le Musée juif.

Passablement énervé, Me Courtoy s’est insurgé du fait qu’un arrêt sur image n’a selon lui pas été fait au bon moment pour constater si le tueur portait ou non des gants au moment de l’attaque.

Dans son acte d’accusation, le parquet fédéral soutenait que l’auteur «semblait ne pas porter de gants».

Du coup, il y a un «problème» pour lui puisqu’il a entre-temps reconnu que l’ADN de Mehdi Nemmouche n’avait pas été relevé sur la porte d’accueil du Musée, pourtant touchée à trois reprises par le tueur, a relevé Me Courtoy.

«Maintenant, on fait volte-face et on nous explique que le type avait des gants. Mais alors l’ADN de Nemmouche sur l’arme ne s’explique plus par le fait qu’il a manipulé les armes pendant la fusillade. C’est n’importe quoi», s’est emporté le pénaliste.

Les images, de qualité moyenne, n’ont pas permis pour l’instant de trancher la question.

«

On ne dirige pas le jury, on lui dicte ce qu’il doit voir

»

L’accusation considère que l’aspect «cireux» des mains de l’auteur démontre qu’il portait des gants en latex. Un point de vue fortement contesté par la défense du principal accusé, qui estime qu’un arrêt sur image sur les mains d’un passant montre un aspect similaire. Mais cet arrêt n’a pas été fait au bon moment lors de l’audience, dénonce Me Courtoy, qui réclame que la séquence soit à nouveau diffusée mardi.

«C’est comme ça depuis le début du procès et même le début de l’affaire. On ne dirige pas le jury, on lui dicte ce qu’il doit voir. Tout le monde comprend bien maintenant pourquoi Mehdi Nemmouche refuse de s’exprimer», a-t-il ajouté.

L’avocat considère également que le refus par la présidente d’autoriser le prélèvement de la voix de son client, réclamé par le conseil du CCOJB et auquel Mehdi Nemmouche serait favorable, a pour but de l’empêcher de démontrer son innocence. «On prouvera que la voix de la comparaison ‘pourrie’faite en France qui se trouve dans le dossier n’est pas la sienne.»

Le pénaliste est par ailleurs pour le moins perplexe quant aux explications données par les enquêteurs sur l’alarme du musée.

Me Courtoy, qui dénonce depuis le début de l’affaire une enquête uniquement à charge du principal accusé, rappelle enfin que celui-ci était âgé de 29 ans au moment des faits. Soit nettement moins qu’indiqué par les premiers témoins, qui donnaient environ 40 ans au suspect, a fustigé l’avocat.