CHARLEROI

La Sonaca veut supprimer 145 emplois dans les trois ans par le biais de départs anticipés

La Sonaca veut supprimer 145 emplois dans les trois ans par le biais de départs anticipés

La Sonaca emploie environ 1.600 personnes. D’après Marc Bauduin, délégué CNE, il est question de supprimer 145 postes au total en trois ans. REPORTERS

La Sonaca, qui emploie près de 1.600 personnes, entend accélérer les départs anticipés de son personnel en fin de carrière dans les trois ans à venir. Un peu moins de 150 postes devraient disparaître. «Cela se fera sur base volontaire» selon l’administrateur délégué.

L’équipementier aéronautique Sonaca, basé à Gosselies (Charleroi), entend accélérer les départs anticipés de son personnel en fin de carrière dans les trois ans à venir, a-t-il annoncé ce lundi matin aux syndicats lors d’un conseil d’entreprise extraordinaire. Cela se fera sur base volontaire, y a souligné son administrateur délégué Bernard Delvaux, dans le cadre d’un plan stratégique à trois ans. Un peu moins de 150 postes devraient disparaître au total.

Tous les trois ans, la Sonaca présente un plan stratégique à trois ans aux syndicats, afin de donner ses perspectives pour les années à venir et donner des précisions aux syndicats sur ses activités, ses sites et ses clients.

«Nous devons gérer de la croissance à gauche et de la décroissance à droite. Et la pression sur les prix dans le secteur est énorme, ce qui nous pousse parfois à délocaliser certaines de nos activités vers des pays à la main-d’œuvre moins chère, comme la Roumanie ou le Brésil», explique Bernard Delvaux. «Il faut en fait essayer de trouver les bons équilibres», résume-t-il.

Grâce à cet exercice, l’équipementier aéronautique se veut «très transparent et précis». «On se prépare pour le pire et on gère les bonnes nouvelles.»

Dans ce cadre, et afin de maintenir des activités «structurellement compétitives» et de hautes technologies à Gosselies, quelques rééquilibrages y sont nécessaires. C’est pour cela que l’entreprise va légèrement y réduire l’emploi dans les trois ans à venir. «Ce sera de l’ordre de la variation que l’on connaît actuellement», selon l’administrateur délégué.

82 ouvriers et 63 employés/cadres

La Sonaca emploie environ 1.600 personnes. D’après Marc Bauduin, délégué CNE, il est question de supprimer 145 postes au total: 82 d’ouvriers sur les 940 que l’entreprise compte et 63 dévolus à des employés et cadres, dont le total passera de 672 à 594. Cette intention n’entre donc pas dans le cadre de la loi Renault sur les licenciements collectifs, qui est d’application quand au moins 10% du personnel est concerné.

Un accent particulier sera mis sur les fins de carrière et les profils pour lesquels il faut alléger la charge de travail. D’après le syndicat chrétien, la société va ainsi accélérer les départs anticipés. «Cela se fera sur trois ans, il n’y a pas d’urgence. Il n’est en effet pas évident de se séparer du jour au lendemain d’une personne âgée de 62 ans mais dont les compétences sont très poussées», illustre Marc Bauduin.

«Cela se fera sur base volontaire»

«Cela se fera sur base volontaire», insiste, pour sa part, Bernard Delvaux, pour qui cette mesure pourrait également permettre de transformer à terme une centaine de contrats à durée déterminée en contrats à durée indéterminée.

Des investissements auront encore lieu à Gosselies dans les hautes technologies, pointe encore positivement le syndicaliste de la CNE, qui évoque une «évolution plutôt qu’une restructuration».

Ce plan stratégique est dans la lignée de ce qui a été réalisé ces dernières années à Gosselies, analyse l’administrateur délégué. Tous les contrats existants y ont été intégrés. Mais il n’est pas impossible que d’ici 2021, de nouveaux projets, potentiellement créateurs d’emplois, viennent s’y ajouter, conclut-il.

Le groupe Sonaca emploie 4.400 personnes dans le monde, via des filiales en Belgique, au Canada, aux États-Unis, au Brésil, au Mexique, en Chine, en Roumanie, au Sri Lanka et en Allemagne.