TOURNAI

Le Tournai d’avant: notes perdues. À jamais?

Petit voyage vers des fanfares disparues, au grand dam de la vie sociale, associative des villages qui perdent peu à peu leur âme.

Hormis par diverses fusions, la création de nouvelles fanfares ne se lit pas au-delà des années 1960. Et encore, il s’agit, pour Tournai par exemple, de phalanges liées à une activité spécifique.

Dans ce cadre, les harmonies du Racing Club Tournai (1925) et, en immédiate réponse du rival local en football, l’Union Sportive (1926) sont liées au destin de l’équipe et ont même précédé leur disparition.

En 1963, naît la Fanfare Postale du Tournaisis. Ses responsables, Joseph Seghers et Fernand Sellier savent le contexte difficile car leur invitation à enrôler les musiciens des bureaux de poste de la région fait état «d’un déclin de plus en plus net des sociétés de musique »; Paulin Urbain est le président d’une phalange reconnue par le service social de la poste. Elle renonce à tout concours et festival, sa plus belle page sera l’organisation de la Semaine du Postier en 1970 où est jouée la marche du «Joyeux postier».

Dans une identique mouvance, naît la Société des Cheminots de Tournai avec, en 1961, une journée de parade en ville. Ici encore, l’initiative, louable, ne sait surmonter les obstacles, notamment de musiciens venus d’horizons géographiques différents.

Des fusions, pour éviter la totale disparition, s’avèrent, ici et là, nécessaires. Tel est le cas à Mourcourt où les Amis Réunis (1873) et La Renaissance (1897) unissent leurs forces, non sans réticences avant de se tourner vers une modernité surtout festive.

Ce ne sont là qu’exemples que l’on peut multiplier. Récente, la vision de l’avenir de ce chef de musique est aussi triste que clairvoyante «La société d’aujourd’hui se tourne vers d’autres loisirs, plus faciles, plus en adéquation avec, par exemple, ce que permet la technologie. Nos activités, telles nos prestations lors de concerts ou de festivals dans nos villages ne sont même que médiocrement suivis par nos concitoyens et là où, jadis, les phalanges se produisaient une soixantaine de fois l’an, elles doivent se contenter d’une dizaine. Quant aux écoles de musique, là où elles existent encore, leur devenir n’est guère encourageant».

En guise de conclusion, un espoir: au conservatoire de Tournai, ils sont 1 734 élèves pour cette session 2018-2019 et 1 445 sont inscrits dans les cours de musique. Rejoindront-ils les fanfares ou harmonies?