POLITIQUE

Fonck n’est pas candidate à la présidence du cdH: voie royale pour Prévot

Fonck n’est pas candidate à la présidence du cdH: voie royale pour Prévot

La députée fédérale Catherine Fonck n’est pas candidate à la présidence de son parti, mais compte bien lui donner un nouveau souffle. BELGA

La députée fédérale Catherine Fonck n’est pas candidate à la présidence du cdH, comme elle l’a fait savoir ce dimanche. Elle compte néanmoins participer à un renouveau de son parti.

La députée fédérale Catherine Fonck, un temps citée comme candidate potentielle à la présidence du cdH, ne le sera finalement pas, a-t-elle annoncé dimanche dans une lettre ouverte.

Elle ne souhaite pas que sa candidature puisse être interprétée comme une volonté de diviser le parti humaniste, dont le président Benoît Lutgen a annoncé sa démission mardi. Elle veut y porter un projet afin de donner un nouveau souffle à la société. Elle plaide aussi pour que sa formation politique s’inscrive dans une logique de démocratie participative.

Catherine Fonck justifie son choix par l’approche d’élections législatives «cruciales pour l’avenir de notre pays» le 26 mai prochain et le peu de temps qu’il reste pour se mettre en ordre de marche. «Maxime Prévot est soutenu par Benoît Lutgen pour être son successeur. Il a de grandes qualités. Mon objectif n’était pas d’être candidate contre lui mais de porter un projet. Cela me rendrait malade que ma candidature puisse être interprétée comme une volonté de diviser le parti», écrit-elle dans cette lettre ouverte.

La cheffe de groupe cdH à la Chambre veut continuer à porter ses idées, à les exprimer et à leur donner du poids, poursuit-elle. L’élection présidentielle dans un parti est pourtant «le meilleur moment pour débattre de ces idées, les faire évoluer et vivifier la démocratie interne», reconnaît-elle.

«Ce qui m’importe, c’est le projet et ce n’est donc pas parce que je ne suis pas candidate à la présidence que je me désintéresse du projet. Je veux y apporter ma contribution pour ce qui concerne tant son projet politique que le fonctionnement du parti», affirme Catherine Fonck.

«Mieux de JE grâce au NOUS»

À ses yeux, la formation humaniste doit ainsi affirmer plus fortement son identité, que la mandataire résume par «Mieux de JE grâce au NOUS». «L’être humain (le ‘Je’) s’épanouit qualitativement (’mieux’) grâce au fait qu’il devient un ‘nous’en entrant en relation. Ce qui est vrai au niveau individuel, l’est également au niveau collectif où il faut également chercher les win-win».

Un raisonnement qui est valable dans le monde des entreprises, mais aussi face aux efforts pour répondre au défi climatique dans une société que la députée veut plus inclusive et avec un plus haut taux d’emploi.

Pour la députée humaniste, le projet du cdH doit apporter une contribution autour de la question «fondamentale» du rôle et du fonctionnement de la politique et donc de la démocratie face à quatre défis «majeurs»: le réchauffement climatique, la révolution numérique, les inégalités et l’allongement de la vie.

Il faut un profond changement des pratiques et du fonctionnement politique, écrit-elle encore. Cela nécessite de «refuser la démagogie», de «sortir des petits jeux politiques, cesser les guéguerres entre niveaux de pouvoir qui ralentissent ou paralysent même l’action, oser des prises de positions qui engagent non seulement sur le court terme mais aussi sur le moyen et le long terme bien au-delà des élections suivantes».

«C’est en se montrant efficace et honnête que le politique retrouvera la confiance des citoyens», pense Catherine Fonck.

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L’humanité est à un tournant. Le cdH aussi. Plus que jamais, je suis convaincue de la pertinence de son projet humaniste pour faire face aux défis auxquels nous sommes confrontés.

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En interne, le cdH doit inscrire le parti dans une logique de démocratie participative, estime encore la cheffe de groupe, pour qui les sympathisants doivent être davantage associés à la prise de décision pour la gestion interne du parti mais aussi pour la définition de son projet et de ses prises de position.

Il faut ainsi «renforcer la place des membres dans les organes du parti et notamment au sein du bureau politique. On pourrait également imaginer organiser des panels de membres tirés au sort et/ou volontaires pour discuter et faire avancer notre projet sur différents thèmes, mais aussi interagir avec eux grâce aux nouveaux outils technologiques. En permanence et pas seulement au moment des élections».

«L’humanité est à un tournant. Le cdH aussi. Plus que jamais, je suis convaincue de la pertinence de son projet humaniste pour faire face aux défis auxquels nous sommes confrontés. Notre société a besoin d’un nouveau souffle. Le cdH doit y contribuer. C’est l’essentiel à mes yeux», conclut Catherine Fonck.

Les candidatures à la présidence du cdH peuvent être remises jusque dimanche minuit.