Ainseur: «Waremme montera en D1»

Patrick Ainseur quittera Waremme avec le sentiment du devoir accompli... ÉdA – 201860008652

Absent de nos colonnes depuis un an, le président Ainseur a enterré le hache de guerre et dresse son bilan. Testamentaire.

Le visage est fermé mais il est bien présent au rendez-vous. «Une parole est une parole» sourit-il comme pour briser la glace. Patrick Ainseur qui s’adresse à l’Avenir Huy-Waremme, c’est un petit événement. Plus d’un an que le président démissionnaire du Stade ne s’était plus adressé à votre journal. « Je trouvais que vos articles, les vôtres en particulier, étaient tendancieux, résume le Waremmien de 60 ans. Mais j’ai bien réfléchi. Et je ne suis pas venu au foot pour me disputer. Pas même avec vous…»

Affirmation péremptoire qu’on balaie d’un revers, faisant notre job en toute impartialité à charge et à décharge. Mais en homme intelligent et de communication qu’il est, le Waremmien a compris que son club avait bien besoin de tout le monde pour négocier le dangereux virage qui s’annonce. Ce sera désormais sans lui dès juin. Interview testamentaire.

Patrick Ainseur, vous avez annoncé mardi à l’occasion du CA que vous quitteriez votre fonction de président en fin de saison. Est-ce ferme et définitif?

Oui, oui et oui. Ce n’est pas négociable. Je n’ai pas pris cette décision pour revenir en arrière dans quelques jours ou semaines. Il faut que le club avance et moi aussi.

Vous avez évoqué des «raisons personnelles» pour justifier votre décision. Sans rentrer dans les détails, quelles sont-elles?

Je vais me lancer dans d’autres défis qui ne me permettront plus de m’investir comme je le fais maintenant. Si c’est pour faire ça à moitié, ça n’a pas de sens. Sur le plan professionnel, d’abord, plusieurs possibilités s’offrent à moi. On me propose notamment de bosser pour OVB, une société internationale d’assurances qui a lancé ses activités en Belgique depuis le 11 décembre. Le chantier de management qui m’y attend est énorme. Puis, j’ai aussi envie de m’investir davantage dans activités autour de ma famille avec mes deux jeunes enfants qui font du sport. Mais ce n’est pas une nouvelle vie qui commence. Elle continue, c’est tout.

Vous quittez le CA et tous vos mandats au sein du club. Vous redeviendrez donc simple supporter ou donnerez encore un coup de main à l’occasion?

Je serai toujours là. Je serai supporter mais je compte bien encore aider, notamment le nouveau président qui sera désigné. S’il a besoin de moi, bien sûr…

Quand vous avez annoncé votre décision de quitter le club mardi, étiez-vous ému?

Évidemment! On ne quitte pas un club dans lequel on s’est autant investi pendant 6 ans sans émotion. J’ai eu du mal à trouver les mots d’ailleurs…

Quel bilan dressez-vous de votre présidence à Waremme?

Je pense qu’il est positif. J’ai en tout cas tenté de faire de mon mieux. Je suis fier de trois choses. D’abord d’avoir rassemblé des gens différents autour de moi. Je pense avoir été le président de tous. Ensuite d’avoir contribué à faire passer l’école de jeunes de 140 à 500 gamins en 6 ans. Enfin, évidemment, il y a ces 3 montées de P2 à la D2 amateurs. C’est la cerise sur le gâteau.

Ces derniers mois, vous assuriez ne pas partir avant d’avoir atteint la D1 amateurs. Ce sera un éternel rêve?

Non, du tout. Je suis sûr que même sans moi, Waremme va y arriver. Je pense même que Waremme va vivre ses plus belles années. On a lancé le club vers le top. Et la D1 amateurs, on y sera un jour. Je pourrais presque plus lui apporter dans l’ombre que dans la lumière. Qui vous dit d’ailleurs que le prochain président ne viendra pas de mon carnet d’adresse? Même si c’est en interne qu’il se trouve, selon moi. Waremme n’est pas mort. Je vous le garantis.

D’aucuns craignent que votre départ n’en entraîne d’autres…

Mais non, pas du tout. On a un nouveau C.Q., deux nouveaux vice-présidents et un nouveau secrétaire. Nous avons lancé le projet, les suivants vont l’amener encore plus. Là, il y a des interrogations et c’est normal. Il faut rassurer tout le monde. Mais je vais lever les doutes au fil des semaines. Notre avenir s’annonce rose. Je vous le garantis… Tout ne va pas s’arrêter, comme ça. Certain.

«Nos difficultés financières sont passagères»

Le 15 décembre dernier, nos révélations sur la situation financière de Waremme avaient fait grand bruit au club. Patrick Ainseur s’explique enfin. «Oui, nous avons connu et nous connaissons des difficultés passagères, mais qui ne sont pas aussi importantes que ce que vous avez avancé. On a des plans qui sont tenus. Les raisons? D’abord, certains sponsors n’ont pas encore honoré leurs engagements. Ensuite, le décès de Pierre Frédérick a retardé l’apport de certains subsides que d’habitude on a plus tôt dans la saison. Comme celui de Fernand Renson pour d’autres raisons que je ne préfère pas expliquer. Enfin, un gros souper aux moules qui drainait d’habitude beaucoup de monde a cette fois-ci moins bien tourné. On a aussi dû reporter notre fameuse fête de la bière. Mais tout cela n’est que passager. »