JURBISE

Un violent, un faible et un insensible. Qui sont les trois meurtriers présumés de Michel Robette?

Un violent, un faible et un insensible. Qui sont les trois meurtriers présumés de Michel Robette?

Les accusés nient toujours leur implication dans le meurtre de Michel Robette. BELGA

Suite du procès des trois meurtriers présumés de Michel Robette, oncle de Jacqueline Galant. Ce jeudi matin, la cour d’assises s’est penchée sur la personnalité d’Éric Van Hoe, décrit comme violent, et celle de Geoffrey Simoncini, décrit comme peureux et influençable.

Après avoir auditionné hier les témoins de moralité de Gabriel Place, la cour d’assises du Hainaut a interrogé jeudi les témoins de moralité des deux autres accusés, Éric Van Hoe et Geoffrey Simoncini. Les trois hommes sont accusés d’avoir commis un vol avec violence chez Michel Robette, le 25 novembre 2016 à Jurbise, avec circonstances aggravantes de torture et de meurtre.

Un violent, un faible et un insensible. Qui sont les trois meurtriers présumés de Michel Robette?
Éric Van Hoe était sous le coup d’une peine de 37 mois avec sursis BELGA
Ce jeudi matin, la cour s’est d’abord penchée sur la personnalité d’Éric Van Hoe, un enfant qui a grandi dans un climat de violence. Son ex-compagne raconte. «On s’est rencontré en avril 2014. Il était très violent, surtout quand il était sous influence de drogue ou d’alcool. Il me frappait, même quand j’étais enceinte. Un jour, il m’a brisé la jambe. Il m’a aussi frappée à plusieurs reprises dans le visage, au milieu d’un chemin. Un automobiliste s’est arrêté et il m’a sauvé la vie, c’était en juillet 2015.»

Pour ces faits, Éric Van Hoe a été condamné à une peine de 37 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Mons. L’accusé s’est aussi montré violent avec sa mère.

Geoffrey le faible

Ce sont ensuite les témoins de moralité de Geoffrey Simoncini qui ont comparu devant la cour. Lui a été décrit comme «peureux» et «influençable», faible aussi. C’est lui qui a indiqué aux deux autres que Michel Robette devait détenir de l’argent et c’est aussi lui qui a dénoncé les faits à un ami, quelques heures après le crime.

Un violent, un faible et un insensible. Qui sont les trois meurtriers présumés de Michel Robette?
Geoffrey Simoncini BELGA
Selon sa mère, il protège Gabriel Place. Les deux hommes ne nient pas leur présence sur la scène de crime mais ils contestent avoir porté des coups à la victime. «Je suis sûre qu’il n’a pas frappé Monsieur Robette. Il lui a parlé même, il me l’a dit, il s’est assis à côté de lui. M. Robette lui aurait dit qu’il ne leur en voulait pas. Il a toujours maintenu qu’il n’avait pas porté de coups. Il a dit que Gabriel lui avait donné des coups de poing à la tête».

Geoffrey précise que c’était des coups de ceinture, avant de dire que sa mère a mal compris. Poussé dans les cordes par le président, il avoue finalement que sa mère a bien compris. Interrogé par son avocat, Gabriel Place nie avoir porté des coups à Michel Robette.

Trois personnalités se dégagent après ces témoignages: un homme qui peut se montrer extrêmement violent et manipulateur (Van Hoe), un gentil garçon influençable qui devenait ingérable sous influence de la drogue et de l’alcool (Simoncini) et un garçon insensible à la douleur des autres (Place).

Une journée chargée d’émotions

La journée fut lourde en émotions hier, à la cour d’assises du Hainaut. Malgré les larmes versées par de nombreux témoins, les accusés campaient sur leurs positions. Éric Van Hoe affirmait toujours ne s’être jamais rendu chez Michel Robette, tandis que Geoffrey Simoncini et Gabriel Place déclaraient n’avoir porté aucun coup à la victime, torturée et tuée par des coups portés à la tête. Les deux derniers ont quand même fini par avouer avoir participé à la résolution commune de torturer et d’achever l’octogénaire.

Le président Jonckheere, revenu après cinq ans de retraite, a retrouvé toute sa superbe. Le président de la cour d’assises a poussé les accusés dans les cordes, mercredi, n’hésitant pas à hausser la voix quand c’était nécessaire.

Éric Van Hoe fut le premier à être invité à donner des réponses crédibles. Malgré les déclarations d’une jeune femme qui affirme bien qu’il détenait la voiture de la victime, l’accusé affirme qu’elle ment et qu’il n’est jamais allé chez Michel Robette.

«Vous me dites que vous êtes victime d’un complot et que les deux autres cherchent un coupable. Mais pourquoi vous? Je constate la chronologie des faits et je remarque que Simoncini vous désigne en se confiant à un ami, à un moment où il n’est pas encore acculé par la police, sans concertation avec Gabriel Place. Quel est l’intérêt de vous désigner formellement?», lui a demandé le président. L’accusé tient la même version: il ne s’est jamais rendu chez la victime.

Un violent, un faible et un insensible. Qui sont les trois meurtriers présumés de Michel Robette?
Gabriel Place nie toujours malgré les supplications de sa famille BELGA
Durant l’après-midi, le président a tendu plusieurs perches à Gabriel Place, qui conteste les coups. Malgré les larmes et les demandes de sa famille pour qu’il dise la vérité, il est resté froidement sur sa position. Il conteste même les graves accusations de sa sœur handicapée, laquelle prétend qu’il l’a «vendue» à ses copains pour qu’ils abusent d’elle. Le tableau dressé par la famille était bien noir…