BELGIQUE

L’État condamné pour la surpopulation dans les prisons de Forest et Saint-Gilles

L’État condamné pour la surpopulation dans les prisons de Forest et Saint-Gilles

ÉdA

Le tribunal de première instance de Bruxelles a condamné l’État belge pour la surpopulation carcérale au sein des prisons de Forest et de Saint-Gilles.

Le jugement, rendu le 9 janvier, l’oblige à remédier à cette situation dans un délai de 6 mois sous peine d’astreinte, rapporte jeudi Avocats.be.

En 2015, Avocats.be (l’Ordre des barreaux francophones et germanophone) avait intenté trois actions en justice pour dénoncer la surpopulation dans les établissements pénitentiaires de Lantin, Forest/Saint-Gilles et Mons. Quelques (ex-)détenus s’étaient joints aux procédures.

Un premier jugement, celui du tribunal de première instance de Liège concernant la prison de Lantin, était tombé en octobre. Il avait confirmé que l’État belge était responsable de la surpopulation carcérale. Il l’avait aussi sommé de prendre des «mesures appropriées» et avait chargé un expert d’évaluer quels délais raisonnables pouvaient lui être accordés.

Le jugement du tribunal bruxellois est plus sévère encore puisqu’il impose à l’État de payer des astreintes s’il ne prend pas le problème à bras-le-corps.

«Jusqu’à quand et pourquoi l’État belge, malgré de multiples condamnations, s’obstine à ne pas prendre les mesures qui s’imposent. Hier Lantin, aujourd’hui Saint-Gilles avec une moyenne de 850 détenus pour une capacité maximum de 549 détenus. Cette volonté persistante d’être hors la loi n’est pas acceptable dans un État de droit», affirme Jean-Pierre Buyle, président d’Avocats.be.

Les conditions de détention dans les prisons de la capitale ont été dénoncées à de multiples reprises par le Comité européen pour la prévention de la torture, l’Observatoire international des prisons et la Cour européenne des droits de l’homme.

«Même si la surpopulation carcérale a globalement diminué en Belgique ces dernières années, la situation reste intolérable dans certaines prisons», estime Avocats.be.

D’après le ministre de la Justice Koen Geens, le nombre de détenus dans les établissements pénitentiaires belges s’élevait à 10.305 au 27 décembre de l’année dernière, soit une surpopulation d’environ 11%.