GAUME

Les camps de mouvements de jeunesse sont interdits dans la zone du virus

Les camps de mouvements de jeunesse sont interdits dans la zone du virus

EdA Claudy Petit

Certains camps de mouvements de jeunesse ne pourront pas avoir lieu cet été dans le sud de la province de Luxembourg en raison de la peste porcine africaine, a annoncé mercredi le gouverneur de la province, Olivier Schmitz. Celui-ci vient de prendre un arrêté qui restera en vigueur jusqu’au 16 septembre.

Comme nous vous l’avions annoncé il y a sept jours, plusieurs camsp scouts ne pourront pas avoir lieu en Gaume cet été. Le texte a été présenté mercredi en présence du ministre wallon de la Nature et de la Forêt, René Collin. Il est calqué sur les trois zones définies par la Région wallonne pour lutter contre la peste porcine africaine: zone noyau où le virus a été découvert, zone tampon et zone d’observation renforcée.

Dans la zone noyau, tout camp, qu’il soit prévu en prairie ou dans des bâtiments, est interdit. C’est le cas de la commune d’Etalle. Dans les zones tampon et d’observation renforcée (à savoir Virton, Saint-Léger, Rouvroy, Meix-devant-Virton, Tintigny, Musson, Chiny et Florenville), les camps sont interdits en principe. Mais des demandes de dérogation peuvent être introduites par le locataire ou le propriétaire auprès du gouverneur d’ici au 28 février. Une décision sera alors prise dans les 30 jours par le gouverneur en tenant compte des spécificités du camp (en extérieur ou pas, tranche d’âge des participants,...), après avis du DNF, du bourgmestre de la commune concernée, de la zone de secours du Luxembourg et de la fédération du mouvement de jeunesse concernée.

«Il était important de prendre des mesures administratives pour compléter les mesures de sécurité en place depuis septembre après la découverte du virus de la peste porcine africaine et, dans un souci de cohérence, un arrêté pris au niveau provincial, plus qu’au niveau des communes, a semblé la bonne solution», a justifié le gouverneur Olivier Schmitz.

Tant ses services que ceux des communes et de la Région ont été sollicités par les fédérations de mouvements de jeunesse pour clarifier la situation, a-t-il souligné. La province a pris en considération les impératifs de sécurité, notamment face aux mesures de destruction systématique des sangliers, mais aussi la pertinence de maintenir un camp alors que l’accès aux forêts alentours est interdit.

L’an dernier, le territoire concerné par l’arrêté du gouverneur avait accueilli 75 camps (en prairie ou dans des bâtiments). Les autorités provinciales et régionales en appellent à la solidarité.

«Seulement 15% de la province de Luxembourg sont concernés par les mesures suite à la peste porcine africaine, il y a donc peut-être des endroits ailleurs qui peuvent encore accueillir des camps», a avancé M. Schmitz. L’ASBL Atouts-Camps, dont l’un des rôles est de lister les endroits de camps en Wallonie, sera notamment le relais auprès des fédérations.

Un travail d’accompagnement pourra être effectué auprès de propriétaires (communes, associations, fabriques d’église, privés,...) d’endroits pouvant accueillir des camps mais qui n’ont jamais entamé de démarches en ce sens. La zone de secours du Luxembourg réalisera, elle, sa mission de mise en conformité. «Le but est d’aider chaque mouvement de jeunesse concerné à trouver un nouvel endroit», a rassuré le ministre René Collin.

Le gouvernement flamand va aussi apporter son aide aux mouvements de jeunesse, a indiqué de son côté le ministre flamand de la Jeunesse, Sven Gatz. En collaboration avec l’organisation De Ambrassade, une liste des lieux de camp disponibles va rapidement être diffusée. «La Flandre peut compter sur une bonne collaboration avec la Wallonie et la Taskforce composée du ministre Collin et du gouverneur Schmitz», a relevé M. Gatz.

 

La réaction des scouts: ils invitent les propriétaires de terrains disponibles à se manifester

L’arrêté pris par le gouverneur de la province de Luxembourg pour interdire ou limiter les camps dans la zone concernée par l’épidémie de peste porcine africaine semble «proportionné par rapport aux risques», estime le porte-parole de la fédération Les Scouts, Geoffroy Crépin. Néanmoins, ses conséquences sont lourdes pour les jeunes sachant que «certains endroits sont réservés un voire deux ans à l’avance».

L’arrêté du gouverneur Olivier Schmitz a été pris en concertation avec les fédérations de mouvement de jeunesse. Il interdit tout camp dans la «zone noyau», celle où le virus de la peste porcine africaine a été découvert. Dans les zones «tampon» et «d’observation renforcée», les camps sont également en principe interdits mais une dérogation peut être demandée.

L’été dernier, les mouvements de jeunesse du pays avaient organisé 75 camps dans des prairies ou bâtiments désormais concernés par l’interdiction. La fédération Les Scouts Baden-Powell de Belgique, la plus grande en Fédération Wallonie-Bruxelles avec 60.000 membres, ne dispose pas encore de la liste des lieux de camp pour l’été 2019. Mais peu d’unités ont anticipé les difficultés, pense-t-elle.

«Les mesures d’interdiction de circuler en forêt ont été prises de mois en mois. Il faut aussi savoir que certains endroits de camp sont réservés un voire deux ans à l’avance», souligne Geoffroy Crépin.

Celui-ci invite tous les propriétaires de terrains et gestionnaires de locaux qui ne sont pas encore recensés comme des lieux de camp potentiels à se manifester auprès des fédérations de mouvements de jeunesse.

Les Scouts ont aussi prévu d’accélérer la collecte auprès de leurs membres des informations sur les camps de cet été, afin de soutenir au mieux ceux dont le maintien est menacé. Les chefs qui avaient réservé des lieux dans les zones tampon et d’observation renforcée doivent quant à eux rapidement évaluer s’ils peuvent adapter leur programme et s’il vaut la peine de solliciter une dérogation, ce qu’ils peuvent faire jusqu’au 28 février au plus tard.

 

Plus de précisions dans notre journal de ce jeudi 17/01/2019.