TOURNAI

Le Tounai d’avant: Sainte-Cécile n’a plus vraiment de fidèles

Il y a encore, ici et là, des Sainte-Cécile, c’est le moment de parler du déclin des fanfares surtout dans les villages.

Trois sociétés de musique ont bel et bien existé dans la commune. Pour deux d’entre elles, les socialiste et catholique, les certitudes manquent par absence de documents. Une seule mention trouvée: l’«Union des Carrières». Seule a passé le cap du centenaire, la société des «Échos des Carrières» avant de disparaître.

Le déclin général des phalanges se manifeste durement et inéluctablement après 1944, ce qui correspond notamment à l’arrivée de la radio dans les foyers. Bien qu’harmonies (qui incluent les bois), philharmonies et fanfares (cuivres et percussions) soient bien actives dès le XVIIIe siècle, c’est dans cette seconde partie du XIXe siècle que naissent avec, le renouveau religieux et ses processions, la création de nombreuses sociétés de musique dans les communes rurales. Toutes sans doute, à l’exception, dans la proche région, de Fontenoy et Howardries.

La formation des instrumentistes, mixte, est assurée en interne, grâce à quelques dévoués qui possèdent compétences et patience, et l’appui de musiciens plus connus et rétribués.

Dans cette mouvance naît officiellement en 1862, en place d’une chorale, la fanfare les «Échos des Carrières».

Elle doit être considérée comme exemple général dans le cadre de l’animation, de la vie culturelle et/ou folklorique du village, ciment entre les habitants qui se retrouvent lors des concerts et cortèges, dont les processions, maillant l’année, lieu de rencontre aussi pour les musiciens qui y partagent leur passion commune mais un esprit de groupe, d’entraide non négligeable.

L’appellation «Échos des Carrières» résulte évidemment de l’industrie chaufournière dont la plupart des habitants tirent leur subsistance.

Un écueil est évité ici, la recherche des moyens financiers; jusqu’à sa dissolution, les «Ciments d’Obourg» soutienne la société dont l.es répétitions ont lieu longtemps dans un atelier de réparation et il n’est pas rare de se produire dans la carrière même. Les noms des premiers présidents en dit long: Louis Duquesnes (1862), Eugène Dapsens (1881), Arthur Dutoit-Dapsens (1892), Jacques Brébart (1927)…

Les directeurs musicaux sont de bonne race, issus du conservatoire de Tournai ou du 3e Chasseurs à pied alors qu’après 1961, trois premiers prix se succèdent: Odon Rau, Raymond Delcroix et Cyr Detournay, le dernier sera François Adam, entiché des airs d’opéra.

La phalange est très demandée, dans la région, le pays et en France, elle est présente à de nombreux festivals et concours (Bruxelles, 1880), expositions et tournois notamment provinciaux de 3e, 2e et 1re catégorie dans l’entre-deux-guerres avec 60 musiciens.

Le déclin ne ménage pas les «Échos des Carrières» d’autant que le cimentier n’est plus là. Son ultime moment de gloire sera de fêter, sous la présidence de Georges Toubeau avec Robert Roseau au secrétariat et Cyr Detournay à la baguette, un fastueux cent-vingt-cinquième anniversaire.