JUDICIAIRE

Mehdi Nemmouche était en possession des armes du crime

Mehdi Nemmouche était en possession des armes du crime

Mehdi Nemmouche. AFP

L’expert en balistique a formellement attesté que les deux armes retrouvées en possession de Mehdi Nemmouche, lors de son arrestation à Marseille, sont bien celles qui ont servi lors de l’attentat au Musée juif de Belgique.

C’est ce que rapporte le parquet fédéral dans son acte d’accusation, dont la lecture s’est poursuivie vendredi après-midi devant la cour d’assises de Bruxelles. Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer sont accusés d’être auteurs ou co-auteurs de l’attaque terroriste commise le 24 mai 2014 au Musée juif de Belgique à Bruxelles.

Les sept douilles de calibre 7.62 X 39 mm retrouvées au Musée juif de Belgique après l’attaque du 24 mai 2014 ont été tirées à partir du fusil-mitrailleur «Crvena Zastava», de type kalachnikov, trouvé en possession de Mehdi Nemmouche.

Egalement, les projectiles de calibre .38 Special retrouvés dans les corps de trois des quatre victimes ainsi que dans le local d’accueil du musée ont été tirés à partir du revolver «Llama» trouvé en possession de Mehdi Nemmouche.

Ce sont les conclusions que l’expert en balistique a rendues le 21 septembre 2014.

Dans un premier rapport rendu le 17 septembre 2014 et complété le 6 août 2018, l’expert a également déterminé qu’il y a eu au total treize tirs à l’intérieur du Musée juif. Cinq émanaient d’un revolver de calibre .38 Special ou d’un 357 Magnum et huit tirs émanaient d’un fusil-mitrailleur de calibre 7.62 X 39 mm.

L’expert a résumé que deux tirs ont eu lieu dans le hall d’entrée, émanant d’un revolver de calibre .38 Special ou d’un 357 Magnum, et qui ont blessé mortellement Emanuel et Miriam Riva. Trois autres tirs ont ensuite eu lieu dans le bureau d’accueil avec le même revolver, dont un tir a blessé mortellement Alexandre Strens.

Puis le tireur a changé d’arme et sept tirs ont eu lieu dans le bureau d’accueil, émanant d’un fusil-mitrailleur de type kalachnikov en calibre 7.62 X 39 mm, certains de ces tirs blessant mortellement Dominique Sabrier.

Nemmouche s’est radicalisé dès l’âge de 19 ans

Le principal accusé de l’attentat au Musée juif de Belgique, Mehdi Nemmouche, a tout d’abord été élevé dans la culture catholique au sein de sa famille d’accueil, avant de se tourner vers la religion de ses grands-parents, l’islam, à l’âge de 12 ans. Il a ensuite tenu des discours radicaux dès l’âge de 19 ans, ressort-il de l’enquête de personnalité dévoilée vendredi après-midi dans le cadre de la lecture de l’acte d’accusation devant la cour d’assises de Bruxelles.

Mehdi Nemmouche, âgé aujourd’hui de 33 ans, a été placé à l’âge de 3 mois dans une famille d’accueil catholique à Faches-Thumesnil, près de Roubaix (France). Sa mère, dont il porte le nom, n’était pas apte à s’occuper de ses enfants.

Dès l’âge de 8 ans, il a repris contact avec ses grands-parents maternels, chez qui il se rendait un week-end par mois. La différence de croyance entre les deux familles a, semble-t-il, entraîné des difficultés d’identité chez Mehdi Nemmouche, qui répétait sans cesse qu’il n’était «personne». C’est chez ses grands-parents qu’il a adopté l’islam.

Selon ses proches, à 11 ans, il est devenu «brutal, difficile et perturbateur». Il a alors été envoyé dans un orphelinat à Auteuil, en région parisienne, de ses 12 à ses 14 ans.

À 16 ans, il a braqué deux personnes âgées avec un fusil à billes et écopé de trois mois de prison dont quinze jours fermes. Après cette incarcération, il n’est plus retourné dans sa famille d’accueil et est allé vivre chez ses grands-parents maternels à Tourcoing.

Mehdi Nemmouche a ensuite évolué vers un islam radical. Selon l’un de ses professeurs, à 19 ans, il tenait déjà des propos extrémistes, par exemple en approuvant la mise à mort d’une femme suspectée d’adultère dans un pays appliquant la charia, la loi islamique.

Mehdi Nemmouche a poursuivi sa scolarité, émaillée d’autres actes de violence, notamment envers l’un de ses professeurs, jusqu’à obtenir son bac à l’âge de 21 ans. À 22 ans, il est parti vivre dans le sud de la France, où il a été condamné à plusieurs reprises.

Libéré en décembre 2012 après environ cinq années de prison, Mehdi Nemmouche a quitté l’Europe pour aller rejoindre les rangs de l’organisation djihadiste État Islamique (EI) en Syrie.

Il y est resté jusqu’en février 2014 et est revenu en Europe en mars 2014, après avoir passé plusieurs semaines en Asie.

Mehdi Nemmouche était en possession des armes du crime
BELGA

Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer, deux Français âgés de 33 et 30 ans, sont accusés devant la cour d’assises de Bruxelles d’être auteurs ou co-auteurs de l’attaque terroriste commise le 24 mai 2014 au Musée juif de Belgique, situé rue des Minimes à Bruxelles.

L’attentat avait coûté la vie à quatre personnes: Emanuel et Miriam Riva, un couple de touristes israéliens, Dominique Sabrier, une bénévole du musée, et Alexandre Strens, un employé du musée.

Mehdi Nemmouche avait été arrêté le 30 mai 2014 à la gare routière de Marseille en possession de plusieurs armes, dont une kalachnikov, qui sont identiques à celles utilisées lors de l’attaque au Musée juif.

Nacer Bendrer, arrêté le 9 décembre 2014 à Marseille, est soupçonné de lui avoir fourni ces armes.

Trois des quatre victimes sont mortes très rapidement

Trois des quatre victimes du Musée juif ont été tuées très rapidement, ressort-il des expertises médico-légales détaillées vendredi devant la cour d’assises de Bruxelles dans le cadre de la lecture de l’acte d’accusation.

Les deux premières victimes, Miriam et Emanuel Riva, ont chacune été atteintes par un seul projectile au niveau de la nuque, tiré à bout «quasi touchant» et probablement à l’aide d’une arme de poing, selon l’expert médico-légal. Cette hypothèse est confortée par l’absence d’orifice de sortie. Vu la proximité entre les victimes et le tireur, celui-ci a pu être souillé de sang, ajoute-t-il.

L’employée de l’accueil, Dominique Sabrier, a elle été visée par une rafale et touchée par un projectile qui lui a perforé le crâne de part en part. Son décès a donc également dû être rapide, affirme le médecin, qui relève un modus operandi empreint de «sang-froid». Mme Sabrier présentait également de multiples lésions résultant de tirs, au bras droit et en région faciale, a-t-il été constaté lors de son autopsie.

Le second employé du Musée, Alexandre Strens, a lui été victime d’un tir unique l’ayant atteint en région fronto-temporale droite. S’il n’est pas mort sur le coup, son état est considéré dès le lendemain des faits «comme particulièrement grave, si pas désespéré au vu de l’extension des lésions cérébrales et de leur nature». Le jeune homme décédera finalement aux soins intensifs, le 6 juin 2014.