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Appel à retirer l’argent des banques: la nouvelle stratégie de mobilisation des «gilets jaunes»

Appel à retirer l’argent des banques: la nouvelle stratégie de mobilisation des «gilets jaunes»

Manifestation des Gilets Jaunes sur les Champs Élysees (illustration) Photo News

Faire peur à l’État en toute légalité, tel est le but poursuivi par la nouvelle stratégie des gilets jaunes en France qui consiste à appeler la population à retirer son argent des banques à l’occasion du neuvième samedi de manifestation dans l’Hexagone.

Face aux violences de plus en plus marquées lors des manifestations des gilets jaunes, éclipsant au final le message originel de la contestation, plusieurs gilets jaunes ont appelé via les réseaux sociaux à une nouvelle stratégie dans le but de manifester son mécontentement vis-à-vis de la politique menée par le gouvernement: retirer son argent des banques samedi, en marge de l’acte 9 du mouvement.

Plusieurs pages Facebook ont ainsi relayé cet appel qui, ces dernières heures, est devenu viral au sein du mouvement de contestation. «Si vous n’êtes pas d’accord, mais ne voulez pas manifester, […] vous avez un pouvoir: celui de l’argent qu’il y a sur votre compte», explique ainsi Maxime Nicolle, un des leaders du mouvement en France connu sous le pseudonyme de Fly Rider.

Cet appel fait ainsi écho à celui lancé il y a quelques années par Éric Cantona, ex-star française du football mondial, lequel avait appelé en 2010 à retirer son argent des banques afin que «le système s’écroule» sans effusion de sang ni recours aux armes.

Acte IX: une mobilisation «plus forte» attendue

Les autorités françaises s’attendent à une mobilisation «plus forte» que la semaine précédente partout en France pour le neuvième samedi de manifestation des «gilets jaunes», selon le préfet de police de Paris et le patron de la police nationale.

Sur l’ensemble du territoire, «nous anticipons le fait qu’on puisse revenir à un niveau de mobilisation qui se situe avant les fêtes de Noël», a expliqué vendredi le directeur général de la police nationale (DGPN), Éric Morvan sur la radio France Inter.

Dans la capitale, «nous pensons que la mobilisation sera plus forte que samedi dernier d’une part et que le comportement au sein des groupes qui seront présents sera marqué par plus de radicalité, plus de tentations de violences», a déclaré le préfet de police de Paris Michel Delpuech sur la chaîne d’information continue CNews.

Le 5 janvier, la contestation sociale des «gilets jaunes» avait rebondi après une baisse de la mobilisation pendant les fêtes: 50 000 manifestants avaient été recensés par les autorités, dont 3 500 à Paris.

80 000 policiers déployés

La huitième manifestation à Paris a aussi été marquée par des violences, entre l’intrusion de manifestants dans le ministère du porte-parole du gouvernement, avec un engin de chantier, et les images d’un ex-boxeur frappant des gendarmes.

«Nous observons semaine après semaine une dérive vers des comportements de plus en plus violents», qui sont le fait de «petits groupes», a commenté M. Delpuech. Ils ciblent, selon lui, «d’abord les lieux de pouvoir».

Le préfet a confirmé le dispositif de sécurité exceptionnel prévu samedi, qui va retrouver son niveau de la mi-décembre. Sur les 80 000 policiers et gendarmes mobilisés annoncés dans toute la France, «5 000» seront à Paris avec «14 véhicules blindés sur roues de la gendarmerie». Le 15 décembre les autorités avaient recensés 66 000 manifestants en France.

Face à l’imprévisibilité des participants, qui comme chaque samedi depuis deux mois n’ont pas déclaré de parcours pour leur manifestation (sauf le 5 décembre), l’objectif des forces de l’ordre reste «de quadriller, être mobile, être réactif, interpeller très vite dès que des dérapages se produisent», a détaillé le préfet.

Pour cela, des «détachements d’intervention rapide», notamment composés de fonctionnaires des brigades anticriminalité (BAC), doivent sillonner la capitale. (AFP)