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Mort de J. Sferlazza: pas un meurtre

Mort de J. Sferlazza: pas un meurtre

C’est une joggeuse qui avait découvert le corps sans vie de Johan Sferlazza dans les eaux de la Dendre le 9 octobre 2011. ÉdA – 10408560636

Le tribunal a considéré que les coups portés à Johan Sferlazza n’ont pas de lien de causalité avec sa chute dans la Dendre et son décès.

Une simple déclaration de culpabilité a été prononcée à l’encontre de A.L. qui était poursuivi pour avoir porté des coups et pour un homicide involontaire à l’encontre de Johan Sferlazza (31 ans) en octobre 2011 à Ath. La famille de la victime avait aussi demandé que la prévention d’homicide volontaire soit soumise à l’appréciation du tribunal.

Dans son délibéré, le président du tribunal correctionnel de Tournai, M. Alexandre Hanard, a considéré que seule la prévention de coups et blessures pouvait être établie. «L’intention homicide ne peut être prouvée à suffisance, relève-t-il. Selon les rapports des médecins légistes, la victime est tombée dans l’eau alors qu’elle était encore en vie… Sur son corps, on n’a pas relevé de trace de strangulation, de fracture ou d’autres lésions traumatiques. On ne peut considérer qu’un lien de causalité existe entre les coups portés et le décès de la victime.» Le fait que la victime était dans un état d’imprégnation alcoolique avancé (3,13 g/litre) aurait aussi pu expliquer la chute accidentelle.

Acquitté des préventions de meurtre et de coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner, le prévenu avait reconnu avoir frappé la victime. «Les témoins expliquent avoir vu le prévenu poursuivre la victime sur la Grand-Place mais aussi vers la rue de France et la rue du Château, explique le président du tribunal. Il voulait en découdre! En revenant rejoindre ses amis, il a dit avoir mis “un kick et une patate” à la victime. Aucun témoin n’a assisté à cette scène de violence…»

Huit ans de procédure: dépassement du délai raisonnable

Alors que l’avocat de A.L. avait estimé que les droits de la défense avaient été bafoués en cours de procédure car son client n’avait pas été valablement convoqué devant la chambre du Conseil, le président du tribunal a considéré que les poursuites étaient bel et bien recevables. «Tout au long de la procédure, le prévenu a pu faire valoir sa version des faits et les devoirs d’enquête supplémentaires n’auraient pas permis d’amener de nouveaux éléments dans le dossier.»

Pour l’application de la loi pénale, et l’appréciation de la peine, il a néanmoins tenu compte du dépassement du délai raisonnable – les faits datant d’octobre 2011! – d’où le prononcé d’une simple déclaration de culpabilité à l’encontre de A.L.


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