POLITIQUE

Démission et affaires courantes: qui sera le chef d’orchestre?

Démission et affaires courantes: qui sera le chef d’orchestre?

Les affaires courantes sont loin d’être une situation nouvelle en Belgique. Elles ont même duré plus de 500 jours lors de la crise de 2010-2011. Photo News

Après la démission du gouvernement le 21 décembre, la Belgique est en «affaires courantes». Mais qui mène la barque?

La conférence des présidents de la Chambre se réunira mardi midi. Les groupes politiques qui composent l’assemblée tenteront de s’accorder sur la façon d’organiser les travaux du parlement après la démission du gouvernement Michel le 18 décembre.

Le 21 décembre, le Roi a accepté cette démission et chargé le gouvernement fédéral d’expédier les affaires courantes, une situation qui durera au minimum jusqu’aux élections de 26 mai.

Il a également demandé aux «responsables politiques et aux institutions d’apporter une réponse appropriée aux défis économiques, budgétaires et internationaux, et aux attentes de la population, notamment sur le plan social et environnemental». Le président de la Chambre, Siegfried Bracke (N-VA), et le Premier ministre, Charles Michel (MR), sont priés d’informer le chef de l’État de l’état d’avancement des travaux dans le cadre des affaires courantes.

Les affaires courantes sont loin d’être une situation nouvelle en Belgique. Elles ont même duré plus de 500 jours lors de la crise de 2010-2011.

Néanmoins, il s’agit ici non pas d’attendre la formation d’une nouvelle majorité mais de gérer le pays jusqu’à un scrutin électoral.

Le gouvernement, démissionnaire et minoritaire, et le parlement devront collaborer pour tenter de faire aboutir certains textes: d’une part, des projets du gouvernement sur lesquels il y avait un accord avant la démission et, d’autre part, des propositions émanant du parlement lui-même.

Le gouvernement n’a plus la main, résumait-on de part et d’autre lundi après-midi. Dans l’opposition, certains ne s’en cachaient d’ailleurs pas: c’est la Chambre qui doit devenir la locomotive du travail politique fédéral.

«Ce n’est pas à un gouvernement minoritaire et en affaires courantes d’expliquer au parlement comment il doit fonctionner. C’est tout au contraire au parlement de définir un cadre que le gouvernement devra respecter jusqu’au 26 mai», a expliqué le chef de groupe Écolo, Georges Gilkinet.

Un duo Bracke-Michel

Le Roi a clos ses entretiens le 21 décembre en recevant le président de la Chambre et le Premier ministre, et ceux-ci se sont vus quelques heures plus tard pour discuter de cette coopération.

Ce rôle central confié à M. Bracke aux côtés de M. Michel ne plaît pas à tout le monde.

Le cdH souhaite que le Premier ministre réunisse les partis démocratiques pour voir avec eux comment avancer y compris sur les aspects budgétaires.

«Aujourd’hui, c’est la N-VA, via Siegfried Bracke, qui pilotera la Chambre. Ma crainte, c’est qu’elle n’organise la paralysie pour prouver que rien ne va dans ce pays», a souligné la cheffe de groupe, Catherine Fonck.

Jusqu’à présent, les centristes semblent relativement isolés. «Il n’y a pas aujourd’hui d’élément montrant que Siegfried Bracke ne serait pas au-dessus de la mêlée. Le gouvernement est minoritaire, démissionnaire et en affaires courantes. Il n’est pas question de restaurer Charles Michel en chef d’orchestre. La balle est dans le camp du parlement, il lui revient d’assumer ses responsabilités en trouvant des majorités, même si ce ne sera pas une chose facile», a-t-on indiqué dans l’opposition.

«L’ambiance lors de la réunion de mardi va donner le la des semaines à venir», a-t-on encore fait remarquer.

Un équilibre subtil devra être trouvé dans les mois qui viennent entre la capacité de former de nouvelles majorités et celle de faire revivre ponctuellement l’ancienne coalition. «Les ponts ne sont pas rompus avec la N-VA», assurait-on lundi.