HUY

C’est la grogne à la police de Huy: 25 agents du service intervention en maladie

Les policiers de la zone de police de Huy grognent. Un mouvement qui a pris la forme… de certificats médicaux. Au service intervention, 25 policiers sur 37 sont en maladie. Un mouvement de grogne qui devrait durer plusieurs jours.

Cela grogne au sein de la zone de police de Huy. La raison? Ce que les policiers considèrent comme étant des conditions de travail exécrables. Le chef de corps Christophe Romboux est pointé du doigt, et notamment sa nouvelle organisation de travail avec, dès aujourd’hui, la fermeture définitive de la permanence 24 heures sur 24. Les policiers du service intervention l’affirment: ce n’est pas cela qui permettra de mettre plus de policiers dans les quartiers, de renforcer le service intervention. Ils ont dénoncé à plusieurs reprises, auprès de leur chef de corps et de l’autorité communale, cet état de fait mais n’ont pas l’impression d’avoir été entendus. Plutôt que de déposer un préavis de grève (les syndicats ne sont d’ailleurs pas impliqués dans cette action), les policiers du service intervention ont choisi une autre forme de grogne… Ils sont 25 à avoir rentré un certificat médical ce matin. Leur mouvement, qui est de leur chef et ne concerne pas leurs syndicats, pourrait durer trois à quatre jours.

Ce qu’en pense le chef de corps Christophe Romboux? «Je ne suis pas médecin, je n’ai pas accès aux données médicales.» Le chef de la police de Huy prend bonne note de ces certificats médicaux. «Je fais face à des certificats médicaux et aujourd’hui, le lance un nouveau système de planification.» Voit-il un lien de cause à effet? Une façon pour ses hommes de montrer leur insatisfaction face à cette nouvelle organisation? «Je ne fais aucun lien mais le constat naïf. Je ne tire aucune conclusion.» Avec pour conséquence un hôtel de police privé de pas mal de ses hommes… Le chef de corps a donc fait appel aux zones de police voisine et à la police fédérale pour avoir du renfort.

Une réunion pour des solutions

Chef de corps et syndicats vont rapidement se retrouver. Afin de trouver des solutions à la situation actuelle.

Hier en milieu d’après-midi, le chef de corps Christophe Romboux annonçait son intention de rapidement réunir un groupe de travail afin de trouver une ou des solutions au mal-être exprimé par les policiers.

«En novembre ou décembre dernier, un groupe de travail s’est réuni pour se concerter sur la grille de service mise en place au sein du service intervention, expliquait Fabrice Discry, délégué permanent SNPS. On a donné notre feu vert à cette grille qui respectait les règles.» Elle a, de plus, été revue pour répondre aux demandes du personnel. «On voulait assurer une équité parmi les membres du personnel, car il y avait une grande disparité parmi les membres du personnel en termes de travail les nuits et les week-ends. Mais l’art de la planification est très difficile…»

Le «grincement des dents» des policiers du service intervention, le délégué permanent l’explique par «peut-être une application trop rigide» de cette grille de service, même si visiblement elle ne concerne pas que cela… Et le délégué permanent ajoute: «il faut entendre les demandes du personnel». Une réunion va donc être organisée en urgence, «je l’espère encore cette semaine», pour voir là où cela coince et «arriver à un mécanisme plus souple en termes de fonctionnement». Cette réunion se fera avec le chef de corps et les délégués syndicaux.

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Écolo demande l’envoi d’un démineur

Les élus écolos sont interpellés par le mal-être des policiers hutois et «l’absence de personnel policier pour assurer la sécurité des Hutoise et des Hutois». Les écolos qualifient la situation de «grave» et soulignent que la grogne ne date pas d’hier, que «les responsables n’ont visiblement pas pris les mesures qui s’imposaient». «Les habitants sont en attente d’une présence policière sur le terrain, dans tous les quartiers, aux côtés des citoyens, note Rodrigue Demeuse, chef de groupe Écolo à Huy. Or, aujourd’hui, c’est l’absence qui domine. Le rôle des élus est de soutenir le bien-être au travail de nos agents pour assurer une police de proximité au service des Hutoises et des Hutois.»

Le conseiller écolo Samuel Cogolati a écrit au bourgmestre Christophe Collignon pour lui demander des explications au sujet de la grogne et prendre des mesures «fortes et exceptionnelles». Il demande aussi l’organisation d’un conseil communal exclusivement dédié à la police, quitte à ce qu’il soit à huis-clos. Mais dans l’immédiat il faut, selon lui, envoyer «un démineur, un médiateur, pour établir un dialogue constructif entre la hiérarchie et les agents du service intervention».

«C’est interpellant» selon le syndicat SLFP

L’action menée par les policiers du service intervention n’a pas été décidée avec les syndicats. Mathieu Charlier, délégué du syndical libéral SLFP, l’avoue: «là, les syndicats sont dépassés. C’est clairement un mouvement de grogne.» Et de pointer du doigt ce malaise «qui est profond» et qui n’est pas neuf. Les policiers du service intervention voulaient déjà débrayer en septembre dernier, mais les délégués syndicaux avaient temporisé. «On a fait des propositions d’amélioration» en termes de fonctionnement. Mais «rien ne bouge. Suite à notre intervention, la communication aurait dû être meilleure, on n’a rien vu venir.» Là, les hommes du service intervention ne devraient pas être de retour à l’hôtel de police avant trois ou quatre jours, «histoire de marquer le coup. Mais c’est l’acte 1. On espère une ouverture.» Sinon, il pourrait y avoir d’autres actions…