FRANCE

VIDÉOS & PHOTOS | Des heurts entre «gilets jaunes» et forces de l’ordre en France

De premiers heurts ont éclaté samedi en début d’après-midi à Paris entre les forces de l’ordre et des «gilets jaunes» qui défilaient jusque-là dans le calme pour «l’acte VIII» de leur mobilisation, a constaté un journaliste de l’AFP.

Sur les quais de Seine, entre la place du Châtelet à proximité de l’Hôtel de Ville, des manifestants ont jeté des bouteilles et des pierres sur les forces de l’ordre qui ont répliqué par des tirs de lacrymogènes avant de recevoir le renfort de CRS.

 

 

Après une déambulation dans le calme depuis les Champs-Élysées, les «gilets jaunes» avaient convergé sur la place de l’Hôtel de Ville d’où ils devaient s’élancer pour rejoindre l’Assemblée nationale.

Les heurts, qui ont provoqué de légers mouvements de foule, ont toutefois freiné leur progression, a constaté une journaliste de l’AFP.

Des incidents ont également éclaté sur la passerelle Leopold-Sédar-Senghor qui relie les deux rives de la Seine au niveau du Jardin des Tuileries, ont constaté des journalistes de l’AFP.

 

 

«On se fait gazer direct», a regretté auprès de l’AFP un jeune de 32 ans originaire de l’Aube, lunettes de protection sur la tête et écharpe remontée sur le nez.

Des véhicules ont également été brûlés et un incendie s’est déclaré sur une péniche, dans le quartier du musée d’Orsay.

 

 

 

Plusieurs incidents à Rouen, des bombes lacrymo à Lille

 

Ailleurs en France, les rassemblements des gilets jaunes se déroulaient dans le calme ce matin avant que des incidents n’éclatent. À Rouen, où au moins entre 1 000 et 2 000 personnes défilaient, un manifestant a été touché à la tête par des tirs de lanceurs de balles de défense et au moins deux «gilets jaunes» ont été interpellés, selon un journaliste de l’AFP. Deux barricades constituées de matériel de chantier et de poubelles ont été érigées sur l’artère principale de la ville et l’une d’elle était en feu.

 

 

Un journaliste aurait également été pris à partie ce samedi à Rouen, selon un témoin.

 

 

À Lille, ce sont des bombes lacrymogènes qui ont été utilisées pour disperser les manifestants.

 

 

 

 

À Bordeaux, plus d’un millier de personnes étaient rassemblées en début d’après-midi sur la place de la Bourse, le long de la Garonne. Deux véhicules blindés et deux canons à eau étaient stationnés devant la mairie, alors que les manifestations dans cette ville se sont jusqu’à présent terminées par des affrontements avec des forces de l’ordre.

Un peu partout en France, les cortèges de «gilets jaunes», insensibles aux concessions de l’exécutif et au futur grand débat national, avaient commencé à s’ébranler dans la matinée aux cris de «Macron démission» et de «Stop à l’injustice fiscale» pour cette première mobilisation de l’année 2019.

Dans la capitale, entre 1 200 et 1 500 personnes selon des estimations de l’AFP, avaient entamé en fin de matinée une marche dans une ambiance bon enfant depuis les Champs-Élysées, haut lieu de contestation lors des précédents week-ends, vers l’Hôtel de Ville.

En milieu d’après-midi, ils étaient près de 4 000, selon une source policière, à se diriger vers l’Assemblée nationale.

 

 

Castaner appelle à «la responsabilité et au respect du droit» après des incidents

 

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a appelé samedi «chacun à la responsabilité et au respect du droit» après les incidents qui ont émaillé les manifestations des «gilets jaunes» à Paris et en province.

«Alors que des tensions et violences ont été constatées à Paris et dans quelques agglomérations, j’ai réuni place Beauvau les représentants de nos forces de sécurité pour une visio-conférence avec les préfets de zone. J’appelle chacun à la responsabilité et au respect du droit», affirme M. Castaner sur son compte Twitter.

 

 

 

 

 

Manifestations devant le siège de l’AFP

 

Plus d’un millier de «gilets jaunes» ont manifesté brièvement samedi en milieu de journée devant le siège de l’AFP à Paris, scandant notamment des slogans hostiles aux médias, mais sans violence, ont constaté des journalistes de l’AFP.

 

 

Venus de l’avenue des Champs Élysées, haut lieu de contestation lors des précédents week-ends, où un rassemblement avait eu lieu dans la matinée pour leur huitième journée d’action, ces «gilets jaunes» se sont arrêtés devant les locaux de l’Agence France Presse, place de la Bourse à Paris.

Levant les yeux vers les bureaux de l’agence, plusieurs d’entre eux ont alors hué l’AFP, poussant des «ouh» de désapprobation, d’autres faisant des doigts d’honneur ou dressant le poing, tandis que fusaient quelques insultes à l’encontre des journalistes.