MOLENBEEK-SAINT-JEAN

VIDÉOS | Molenbeek en colère sur «les merdeux» du réveillon, «mais nous avons peur des représailles»

Deux jours après les débordements qui ont émaillé la nuit du Nouvel An aux alentours de la station de métro Etangs Noirs, les habitants de Molenbeek manifestent leur colère. À défaut de désigner nommément les jeunes vandales.

«Une bande de petits merdeux qui ont travaillé bénévolement pour l’extrême droite.» C’est par ces mots que Sara, une jeune youtubeuse de Molenbeek, définit les casseurs qui ont saccagé plusieurs magasins de sa commune durant le réveillon du Nouvel An.

«Des gens qui travaillent depuis 20 ou 30 ans à Molenbeek, qui font en sorte que ça se passe bien, que les gens s’entendent bien, que tes grands-parents apprennent à lire et écrire, que tu puisses bénéficier de formation, que tu puisses avoir tes chances… Et toi t’as pris une heure de ton temps où t’avais rien à faire pour gâcher toutes ces années de travail», a ainsi résumé la future maman dans une vidéo partagée massivement sur les réseaux sociaux. «Un coup de gueule» que partage aujourd’hui la très grande majorité des habitants de la commune, eux qui ont reconnu les casseurs mais qui refusent de donner leur identité à la police.

Repris dans «Het Laatste Nieuws», le témoignage d’une autre Molenbeekoise (qui souhaite rester anonyme) résume la situation: «Tout le monde sait qui a fait cela. Mais nous avons peur des représailles si nous parlons. Certains pères ont même peur de leurs propres fils.»

Hassan Zenagui, le propriétaire du magasin d’informatique touché de plein fouet par les actes de vandalisme de la nuit du 31 décembre : «J’ai reconnu certains de ces jeunes, même s’ils portaient des bonnets et des écharpes, explique le commerçant dans les colonnes du «Laatste Nieuws». Tu regardes la vidéo, tu mets au ralenti et tu peux apercevoir une silhouette connue ou un visage. Tout le monde se connaît dans ce quartier. Mais ce n’est pas à moi à donner des noms à la police. La police m’a demandé: «Voulez-vous porter plainte?» Contre qui dois-je porter plainte? Contre trente ou quarante personnes? Je ne dis pas non plus que je les connais tous. Mais bien quelques-uns. Et si je dis ce que je sais à la police, mon magasin sera un tas de cendres le soir même. Donc, non merci. J’ai déjà assez de problèmes comme ça. Que la police fasse elle-même son travail.»

Et d’autres habitants d’évoquer, sous le couvert de l’anonymat, le caractère prémédité de cette soirée de vandalismes: «Ils avaient préparé les pierres derrière cette porte de garage. Ils étaient quasiment tous habillés en noir, ils portaient des bonnets et des écharpes pour ne pas être reconnus. Ne me faites pas croire que c’était quelque chose de spontané.»

 

 


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