Le gouvernement en affaires courantes

Le gouvernement  en affaires courantes

Charles Michel reste à la tête d’un gouvernement qui a des pouvoirs limités. Belga

La fin de l’année politique en Belgique est assez chahutée. Même le roi a dû intervenir!

La semaine dernière, on a appris que le Premier ministre avait présenté sa démission au roi. Ce n’était plus possible, selon lui, de diriger le pays en ayant si peu la confiance du Parlement (les élus qui votent les lois).

Mais quel lien y a-t-il entre le gouvernement et le Parlement?

Pour comprendre, prenons l’exemple des dernières élections fédérales de 2014. Le 25 mai 2014, plus de 7,8 millions de Belges étaient allés voter pour élire leurs représentants au Parlement. De telles élections ont lieu tous les cinq ans. L’hémicycle (la salle en demi-cercle) du Parlement est composé de 150 sièges. Chaque siège doit être occupé par un député. Il y a 63 sièges pour les francophones et 87 sièges pour les néerlandophones. Après le vote, il faut faire les comptes. Combien chaque parti et chaque candidat ont-ils recueilli de voix? On compte les votes. Du côté flamand, c’était la N-VA qui avait gagné le plus de sièges et, du côté francophone, c’était le PS (Parti socialiste) qui récoltait le plus de sièges. N-VA et PS ne s’entendent pas du tout. Or, pour prendre une décision au Parlement, il faut avoir la majorité (plus de la moitié des 150 députés).

Un gouvernement minoritaire

Ils n’avaient pas envie de former ensemble ce que l’on appelle une coalition (une alliance) pour gouverner le pays. Finalement, c’est le MR (parti francophone) qui s’est allié avec trois partis flamands: N-VA, Open VLD et CD&V.

Mais le 9 décembre 2018, la N-VA a démissionné du gouvernement. Elle était en désaccord avec les trois autres partis à propos d’un texte sur la migration. Le roi a accepté cette démission. Et le gouvernement est devenu minoritaire puisque les partis qui le composent n’ont plus que 52 sièges sur les 150 au Parlement. C’est assez compliqué dans ces conditions de faire voter des lois.

Le 18 décembre, c’est le Premier ministre qui a démissionné à son tour. Il avait lancé un appel aux députés (membres du Parlement) pour leur demander de voter malgré tout certaines décisions. Mais sans succès. Le roi a fini par accepter la démission du Premier ministre et de son gouvernement. En attendant les élections, le gouvernement est en affaires courantes. Cela veut dire qu’il ne peut gérer que les urgences et tout ce qui permet au pays de continuer à fonctionner. Il ne peut plus prendre de nouvelles grandes décisions. Cela va durer combien de temps? Normalement jusqu’au 26 mai 2019. Ce jour-là, de nouvelles élections auront lieu.

Le sondage de la semaine