À chaque fois, c’est pareil. Quand un proche, un ami, un membre de la famille, un pote, disparaît d’une manière aussi brutale qu’injuste, on n’a envie que d’une chose: prendre les siens dans les bras, leur dire qu’on les aime.

Parce qu’on ne le leur dit jamais assez. Et puis, profiter, bordel. Profiter des sourires, des moments rares ou banals. Profiter d’un coucher de soleil, d’une blague débile, d’un verre de vin en cuisinant, d’un resto après le bulletin des gosses, d’un match au Sporting en T4 en déposant son cerveau à l’entrée du stade. Profiter de la vie, quoi.

Toi, Jean, mon pote, qui quittes définitivement le terrain après un tacle assassin que personne n’avait vu venir, t’as pas eu le temps de profiter assez. De tes quatre petites filles, de ton amoureuse surtout, à qui on pense fort. Et puis du succès mérité de ton chouette livre avec ton pote Félicien qui aujourd’hui te pleure avec nous.

T’as pas idée comme j’enrage de savoir que plus jamais je ne t’entendrai me dire à travers la rédac: « Tu vas au Mambourg samedi?» Que plus jamais on n’éclatera de rire quand tu criais «Et avec une méduse, ça compte?»

T’avais une plume à nulle autre pareille: au bout de deux lignes, on se disait: «Ça, c’est du Derycke.»

Tes coups de gueule, tes titres aux jeux de mots improbables…

T’étais un drôle de Zèbre, mec.

Allez, here’s to you, Jean, Sporting loves you more than you will know. Et nous aussi.