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L’ancien gourou de la Bourse et ex-député Jean-Pierre Van Rossem est décédé à l’âge de 73 ans

L’ancien gourou de la Bourse et ex-député Jean-Pierre Van Rossem est décédé à l’âge de 73 ans

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L’ancien gourou de la Bourse et ex-député Jean-Pierre Van Rossem est décédé à l’âge de 73 ans. L’information a été confirmée ce vendredi matin à VTM.

Jean-Pierre Van Rossem s’était fait connaitre dans les années 80 en tant qu’inventeur d’un montage financier controversé, le Moneytron. Excentrique, il s’était également fait remarquer lors de la prestation de serment du roi Albert II en 1993.

Jean-Pierre Van Rossem est né à Bruges le 29 mai 1945. Il a étudié l’économie et les mathématiques aux États-Unis. Il a été employé de banque, assistant à l’université de Gand ou encore journaliste indépendant pour Humo avant de devenir député.

En tant qu’économiste, Jean-Pierre Van Rossem s’est occupé de l’élaboration de modèles économétriques pour les comptes publics. Selon ses dires, il avait pu prévoir la crise pétrolière de 1974 et l’explosion du chômage qui s’en est suivie. Mais il a ensuite surtout utilisé ses connaissances pour son propre profit en devenant un véritable «gourou» de la bourse.

À la fin des années 80, Van Rossem fait la Une de la presse nationale et internationale en tant que conseiller en investissements avec Moneytron. Devenu milliardaire, il collectionne alors les voitures Ferrari et devient propriétaire de l’écurie de formule 1 Onyx. Cette période où l’argent coulait à flots ne durera pas. En juin 1990, quelques semaines après son mariage, il organise une conférence de presse pour annoncer lui-même sa propre «chute». Peu de temps après, Van Rossem est poursuivi et condamné pour faux en écriture, abus de confiance et émission de chèques sans provision. Ce sera son premier séjour derrière les barreaux.

Pendant cette période, Jean-Pierre van Rossem écrit un premier livre. «Staat in staat van ontbinding» (un État en état de décomposition) sera un best-seller. D’autres ouvrages suivront.

En 1991, Jean-Pierre van Rossem se lance en politique en créant sa propre liste R.O.S.S.E.M. Le succès est au rendez-vous et le parti remporte quatre sièges, trois à la Chambre, dont le sien, et un au Sénat.

Sa carrière politique n’est cependant marquée que par son coup d’éclat lors de la prestation de serment du Roi Albert II en 1993. «Vive la République Europe! Vive Julien Lahaut!», lance-t-il, en référence au député communiste qui avait perturbé de manière similaire la prestation de serment du Roi Baudouin en 1950.

En février 1995, il est condamné à 5 ans de prison par le tribunal correctionnel d’Anvers pour faux en écriture, faillite frauduleuse et abus de confiance pour ses activités financières avec Moneytron. En plus d’avoir écopé de la peine maximale, il se voit contraint de rembourser les clients lésés pour des sommes allant de 5,3 millions de francs (131.000 euros) à 28 millions de francs (700.000 euros). Quelque 6,5 millions de francs (161.000 euros), six Ferrari et une Lamborghini sont également confisqués. Le jugement a été confirmé en appel ainsi qu’en cassation. Bien qu’ayant quitté la politique en mai 1995, il ne débutera son deuxième séjour en prison qu’en décembre 1997.

En juillet 1999, Jean-Pierre van Rossem est libéré sous conditions.

Dix ans plus tard, il annonce son retour à la politique pour les élections fédérales de 2011. Mais la chute du gouvernement Leterme en 2010 et les élections anticipées qui ont suivi ont eu raison de ce projet.

Jean-Piere van Rossem était marié à Nicole Annys, décédée en 1989. Ils ont eu un fils. Il s’est ensuite marié avec Rachida Bettar, avec qui il a eu un deuxième fils. Le couple s’est séparé après 20 ans de vie commune.

En novembre dernier, le tribunal correctionnel de Bruxelles le condamnait à deux ans de prison ferme pour faux en écriture, blanchiment, fraude fiscale et escroquerie.

Mi-décembre, il était admis à l’hôpital pour des problèmes de santé.