POLITIQUE

Charles Michel voit «un chemin possible entre des élections anticipées et l’immobilisme»

Charles Michel voit «un chemin possible entre des élections anticipées et l’immobilisme»

BELGA

Le Premier ministre, Charles Michel, veut poursuivre le travail à la tête d’un gouvernement «prudent et responsable» qui coopérera avec le parlement, a-t-il indiqué mercredi à la Chambre. Par ailleurs, CD&V et Open Vld appellent à voter ce qui a été décidé par la Suédoise.

«Un gouvernement prudent et responsable qui coopère avec un parlement actif et engagé peut faire en sorte que les intérêts de nos concitoyens soient défendus», a-t-il déclaré.

Le chef du gouvernement attend de voir dans les heures et jours qui viennent quels seront les choix des uns et des autres. Au cours des contacts qu’il entretient depuis mardi, il dit avoir constaté chez beaucoup des groupes consultés «le sens des responsabilités».

Le Premier ministre du gouvernement orange-bleu, qui ne dispose pas de majorité parlementaire, n’a pas dit s’il demanderait la confiance du parlement. C’est l’une des possibilités qui s’offre à lui. Une motion de méfiance peut également être déposée par des députés. Mais M. Michel a mis en garde la Chambre contre les conséquences d’une telle initiative. Elle pourrait «provoquer un moment de vérité dont l’une des conséquences possibles est une élection anticipée». Quant à l’hypothèse d’un gouvernement en affaires courantes, elle condamnerait l’exécutif à l’«immobilisme», a-t-il ajouté.

Selon lui, «il y a un chemin possible entre des élections anticipées et l’immobilisme», une voie qu’ont empruntée 13 pays européens. Dans ce cas, le gouvernement cherche un soutien du parlement en fonction des dossiers concernés.

Le plaidoyer est loin d’avoir convaincu l’opposition qui a réclamé plus de clarté. Les socialistes, écologistes, le cdH et DéFI demandent au Premier ministre de faire un choix clair, impliquant de renoncer au soutien de la N-VA. Les remerciements une nouvelle fois adressés par M. Michel aux nationalistes flamands pour les 4 années de gouvernement ne les ont pas rassurés.

«Vos remerciements à la N-VA commencent à être pesants et laissent penser que le choix est fait. Nous pouvons être constructifs mais pas des pigeons», a lancé Catherine Fonck (cdH).

Idem chez les socialistes. «Nous préférons vous voir en affaires courantes plutôt que guidés par la N-VA», a dit Ahmed Laaouej (PS).

Les écologistes ont dit ne pas vouloir être «les dépanneurs de la politique N-VA».

Dans l’autre camp, l’insatisfaction domine également. «Nous sommes encore dans le flou artistique», a jugé le chef de groupe N-VA, Peter De Roover. Les nationalistes flamands, dont le soutien sera décisif pour obtenir le vote du budget 2019, veulent connaître le projet du gouvernement Michel II. «Nous voulons savoir quel projet l’on soutiendra ou l’on combattra». Et d’ajouter en guise d’avertissement: «Vous pouvez difficilement attendre de l’épouse trompée pour une aventure d’un soir qu’elle prépare le petit-déjeuner».

CD&V et Open Vld appellent à voter ce qui a été décidé, la N-VA attend des éclaircissements

Le CD&V et l’Open Vld ont indiqué mercredi à la Chambre qu’ils voteront les projets de loi, dont le budget, décidés par la Suédoise, et le chef de groupe CD&V Servais Verherstraeten a appelé la N-VA, ex-partenaire de la majorité, à en faire autant.

La N-VA attend d’obtenir des éclaircissements du Premier ministre Charles Michel qui, à ses yeux, dirige désormais un nouveau gouvernement devant bénéficier de la confiance.

La N-VA continue à souffler le chaud et le froid. À ce stade, elle n’a pas encore assuré le gouvernement minoritaire de son soutien. «Vous pouvez difficilement attendre de l’épouse trompée pour une aventure d’un soir qu’elle prépare le petit-déjeuner. Il n’est pas question à ce stade d’un vrai gouvernement pour ce pays mais d’un canard boiteux», a fustigé le chef de groupe Peter De Roover avant d’annoncer que les nationalistes ne déposeraient pas de questions d’actualité pour la séance de la Chambre de jeudi, vu «le brouillard qui enveloppe le projet et la situation politique».

Visant notamment le sp.a, les chrétiens-démocrates et les libéraux ont lancé un appel à la responsabilité du parlement, mettant en garde, ceux qui évoquent les questions de confiance et de méfiance, avec le risque de provoquer l’«immobilisme» du pays dans les prochains mois. «C’est le devoir de tous les partis de ne pas paralyser le pays, notamment sur le budget», a indiqué le chef de groupe MR David Clarinval, rejetant les pressions invitant au vote de confiance ou de méfiance.

L’opposition n’est pas dupe, a toutefois répété mercredi le chef de groupe PS Ahmed Laaouej. Si le Premier ministre n’annonce pas la «rupture» avec la Suédoise, il est préférable d’avoir un «gouvernement en affaires courantes», a-t-il dit, plutôt que de continuer avec un «gouvernement de régression sociale».